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 Vengeance tardive et méritée -Dans le bureau du grand dirigeant-

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Peaca Mortalis
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MessageSujet: Vengeance tardive et méritée -Dans le bureau du grand dirigeant-   Dim 2 Nov - 20:37

Grincement de porte.
Les lumières sont portées sur cette femme vêtue de noire, qui aime de plus en plus se complaire dans l’ombre. A la une des nouvelles du matin, c’est le pillage de tombe qui trouble les esprits. Quel intérêt peut-on avoir à réveiller les morts. Mais en réalité, l’histoire est bien plus louche encore. Peaca les avait tous retrouvés, un à un, les Elentir au grand complet. Mère, père, oncle et tante, nièce peut être. Pour les deux premiers, cela avait été difficile à réaliser. Marchant dans la montagne durant des heures, bravant les brumes et le froid, Peaca s’était trouvé nez à nez avec la chaume qui avait été témoin de la venue au monde de l’être le plus vil de tous : Azarel Elentir. Là ne se trouvait aucun indice, seulement, ce fut à quelques minutes en contre bas que la jeune seigneur tomba sur un morceau de corde moisie. Remontant celle-ci durant plusieurs mètres, Peaca avait failli s’évanouir dans une crevasse au fond de laquelle gisaient deux corps, celui d’un homme et d’une femme. Mr et Mme Elentir avaient surement connu une fin tragique, par chance suffisamment courte pour ne pas qu’ils souffrent. Ils s’étaient rompus le cou à l’issue de leur chute. Ordonnant à ses hommes de les ramener avec eux, la destination suivante fut bien plus simple d’accès. Il y avait un caveau au cœur du cimetière, au nom d’Elentir. Bien mal entretenu, il y avait à l’intérieur les derniers membres d’une famille meurtrie. Peaca s’attendait à trouver un oncle, une tante, ce fut donc une grande surprise lorsqu’elle tomba sur les restes d’un mort né, une, plus exactement. Le plan était fin prêt, toute la famille était au complet. Maintenant il ne restait plus, à Peaca et ses nouveaux amis, qu’à rendre visite au dernier vivant de la funèbre branche d’Elentir. Forcer la porte du bureau d’Azarel avait été chose aisée, tout comme séduire d’un regard signé Mortalis les quelques gardes qui se trouvaient là, avant de les poignarder. C’est ainsi que l’on revient à notre point de départ. Peaca vient de pénétrer dans le bureau, elle place chaque corps à sa place, cherchant avec soin le rôle qui sera joué par chacun. Le père, chef de famille, trônera derrière le bureau, assit confortablement sur le grand siège d’Azarel. A ses côtés, assise sur le bureau, sa femme. L’oncle se cacherait derrière la porte, la tante et la nièce seraient à l’aise un peu à l’écart, installées sur un petit canapé. Mais cette peur ne serait pas suffisante, c’est ainsi que la cruelle, à présent, mais non moins sympathique Peaca fit en sorte que la porte, une fois close, soit scellée derrière le grand dirigeant. La lumière serait inaccessible, seul l’orage de ce soir, et donc les quelques éclairs, viendrait ajouter au morbide déjà dominant de cette agressive odeur de putréfaction. Certains s’amusaient de la mort, Peaca, elle, y voyait pour la première fois un intérêt particulièrement savoureux.


Un œil pour un œil, ta dette sera payée, Elentir.

Et dans sa toute puissance momentanée, Peaca tire un petit papier d’un tiroir sur lequel elle inscrit ces quelques mots, à l’adresse de celui dont elle se vengerait très bientôt :

Citation :
Il existe toute forme de viols, certains sont plus difficiles à mettre en scène que d’autres.

Peaca Mortalis.

Et c’est ainsi que la jeune seigneur, le cœur léger, se retira de ces quartiers lugubres, source de problème pour tous les habitants de Fend. Pourquoi tant de mal pour une chose qui aurait pu être si simple ? Parce que Peaca savait que l’homme sans cœur qu’Elentir était devenu ne réagirait à rien d’autre qu’à ses propres méfaits. C’est ainsi que la femme vengée disparu dans le noir, ramenant avec elle ses hommes et son ex rancune. Qu’importe ce qu’Enril aurait pu penser de cette vengeance, car il lui avait conseillé de tourner la page, Peaca s’était irrémédiablement prise au jeu le plus dangereux de tous : Jouer à faire justice soit même.

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Azarel Elentir
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MessageSujet: Re: Vengeance tardive et méritée -Dans le bureau du grand dirigeant-   Dim 2 Nov - 20:50

Azarel était trempé, son rendez vous quelques heures plus tôt l’avait divertit mais sans plus, tuer des rebelles et les personnes qui les protégeaient devenait de plus en plus banal. Cette population l’insupportait au plus haut point. Heureusement que cette promenade se terminait, Azarel n’aimait pas sortir de son antre plus que nécessaire. Il se complaisait dans les paperasses qui bien qu’ennuyeuses et longues, lui permettait de rester dans son siège, assit confortablement et au chaud, plutôt que debout, dehors et victime du mauvais temps.
Ce n’est qu’en pénétrant dans le bâtiment qu’il remarqua l’odeur. Une odeur qu’il ne connaissait que trop bien, du sang. Ses yeux se posèrent enfin sur les cadavres qui jonchaient le sol. Il s’approcha lentement de ses anciens gardes, l’un d’entre eux lui agrippa le bas de son pantalon.


Monsieur…Je…

Le grand dirigeant se pencha et lui ferma les yeux. Il jeta un bref regard sur le bout de tissu que cet idiot venait de souiller de son foutu sang. La large tache rougeâtre se voyait très clairement. Azarel poussa un soupir et agrippa la tête de cet homme dont il ne connaissait même pas le nom.

Chut… Je suis trempé et fatigué aussi quand je rentre je souhaiterais un minimum de semblant de paix.

Cela étant dit et avec un petit sourire en coin Azarel exerça une rotation rapide du cou. On entendit les vertèbres se brisées dans un affreux craquement et le jeune homme retomba inerte au sol. Le grand dirigeant pressa le pas, il n’était pas inquiet de trouver ses hommes morts loin de là, il savait que sa position faisait de lui un être très peu apprécié par la majorité des citoyens. Il poussa la porte de son bureau et la referma dans le même geste. Les lumières étaient éteintes, impossible de les faire marcher. Un éclair déchira brutalement le ciel, éclairant l’espace d’un instant seulement la salle. C’est à ce moment précis qu’il releva la tête. Ses yeux se figèrent sur la scène morbide qui se tenait en face de lui. Les squelettes le regardaient de leurs orbites vides et l’odeur de pourriture qu’ils produisaient souleva quelque peu l’estomac d’Azarel. S’approchant néanmoins de cette triste fratrie à tâtons, toujours guidés par les lumières blafardes que produisaient les éclairs, il avisa alors un billet posé là comme par négligence. Il le lut et ses iris rouges se posèrent alors sur les deux morts assis paisiblement sur un canapé. Une mère et son enfant, un bébé.

Non…Ce n’est pas…

Il se sentait mal, cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas ressentit ça, pas depuis ce triste soir de pluie. Un soir qui ressemblait fort à celui d’ailleurs.

La sale petite peste…Elle a osé vous faire cela ?

La porte refusait de s’ouvrir, il eut beau essayer mais rien n’y faisait. Elle avait dut la trafiquer, préparer son coup à l’ avance et venir ici.

Elle a osé me faire ça à moi ? Elle vous a retrouvé n’est ce pas ? Même vous mes chers parents ? C’est une vraie réunion de familles dites-moi !

Et sans savoir pourquoi Azarel fit quelque chose qu’il n’avait pas depuis un certain temps, rire. Mais ce n’était pas un de ces rires que l’on entend chez les personnes heureuses et saines. Il était tout sauf heureux et sain. Son rire était chargé de folie, de cette folie douce qui ronge l’âme jusqu’au plus profond de l’être et qui au fil du temps se change en force destructrice et implacable. Se relevant il posa sa main sur le crane de son père, assis dans son fauteuil, et plaça sa tête a sa hauteur.

Dis moi mon très cher père, quel effet cela fait de tomber dans une crevasse ? De croire que l’on vole pendant quelques secondes avant de s’écraser au sol ? Quand à tu compris ? A quel moment t’es tu dit qu’on avait trafiqué la corde ? Et mère ? A-t-elle songée un seul instant à son fils unique dans cette chute ?

Il se rapprocha encore, l’odeur ne le gênait plus.

M’aviez-vous au moins rapporté ce que je voulais?


Flash-back


Azarel mon ange nous partons !

L’enfant releva la tête et fixa sa mère. Comme d’habitude il haussa les épaules et se contenta de rester assis à la table.

Tu veux que je te rapporte quelque chose ?

Elle se pencha sur lui, caressant du bout des doigts les longs cheveux bruns de son fils. Azarel aimait bien ça, ces moments où elle était attentive à ses moindres désirs et où il pouvait faire d’elle ce qu’il voulait. Elle était si fragile qu’elle lui semblait parfois sur le point de s’envoler à la moindre bourrasque. Il fit oui de la tête.

Je veux un chien.

Sa mère avait hoché la tête, un sourire malicieux au coin des lèvres. On entendit une voix un peu plus loin, son père avait l’air pressé. Il ne devrait pas.

Bien, nous seront là ce soir, attend nous pour diner c’est comprit ? Mon trésor, ne vas pas jouer trop loin je ne voudrais pas qu’il t’arrive un accident alors que nous sommes absents.

Elle sortit d’un air guilleret, elle ne vit pas le visage de son fils s’éclairait doucement quand de sa poche il en sortit un bout de corde jaunâtre.

T’en fait pas maman, il n’arrivera rien de bien méchant.

Fin du Flash-back


Azarel inspira profondément.

Au fond c’est un peu de ta faute tout ça non ? Mais estimes toi heureux tu as fait de moi l’homme que je suis, quelqu’un de fort capable de tout pour survivre. Un peu comme toi.

Il y eut un silence durant lequel Azarel sembla réfléchir.

Comment dis-tu ? Un serpent perfide et venimeux ? Allons papa je crois que tu surestime ton travail. Comment ça la honte de la famille ? Mais pas du tout voyons, au contraire. J’ai fait des Elentir une famille crainte et respectée. En ces temps sombres la terreur est de mise, sans elle on ne reçoit rien.

D’un geste brusque il envoya les restes de son père se fracassaient contre le mur dans un bruit affreux.

Maman, ne me regarde pas comme ça. Moi je t’aimais bien tu sais, enfin un peu, comme un fils aime sa mère. Dommage d’en arriver là. Tu es morte une fois, mais tu reviens pour me hanter, vraiment tu n’as pas honte ?

Les restes de la mère s’en allèrent rejoindre ceux de son époux. Azarel se tourna vers les trois dernières personnes qui restaient. Son oncle, sa tante et sa cousine.

Oui ? Vous désirez quelque chose ? Tu dis mon oncle ? Effectivement j’aurais très bien put vous épargnez toi et ta petite famille. Mais ma tante et sa fille ont quelque peu dérangées MON bonheur à moi. Tu comprends ? Non ?

Il y eut un affreux craquement. Azarel venait d’abattre sa canne sur le squelette de son oncle.

Tant pis va. Tu n’as jamais rien comprit sauf sur les derniers jours de ta vie. Je dois te reconnaître ça au moins tu n’es pas mort idiot. Tu as fait l’effort de chercher la vérité de cette nuit. Mais regarde où cela t’as conduit. A te suicider. C’est vrai ma tante c’est moi qui l’ai poussé petit à petit. Tout comme je vous ais affaibli avant votre accouchement.

Flash-back


La maison était tout en chamboulement, le docteur venait d’entrer dans la chambre et tout le monde, domestiques comme membres de la famille se pressaient pour savoir son diagnostic. Il est vrai que Madame était bien faible ces derniers jours aussi on craignait qu’elle ne supporte pas l’accouchement. Azarel se tenait a coté de son oncle, la silhouette droite et le visage inquiet.
Le médecin sortit un peu plus tard et conduisit les deux hommes dans la cuisine, seul lieu un peu au calme.


Je dois vous avouer que je suis inquiet, si elle ne reprend pas des forces très vite elle risque d’y laisser la vie. Il faudra la surveiller en permanence.

Azarel hocha la tête.

Je m’en occuperais mon oncle faites moi confiance, c’est d’ailleurs l’heure de son repas…puis je lui apporter ?

Son oncle ne s’y opposa pas et reconduisit le docteur dehors. Azarel remplit une assiette de soupe. Gravit les marches menant à la chambre de sa tante. Mais juste avant d’ouvrir la porte il déboucha une minuscule fiole bleue et en versa le contenu dans la soupe. Il faisait ainsi depuis plusieurs jours et ce poison avait l’air de porter ses fruits.

Bonjour ma tante ! Je vous apporte votre déjeuner, encore une fois ! Le docteur a dit que plus vous mangerez plus vous irez mieux et je vais moi-même veiller a la composition de vos plats !

Fin du Flash-back


Azarel se tenait maintenant au beau milieu de la pièce, a ses pieds, le reste des restes de sa famille. Ecrasé, broyé, réduit en bouillie. Les yeux figés et l’air absent il s’écroula soudainement au sol, ses jambes ne le portaient plus. Tout ses fantômes et ses souvenirs lui faisaient vraiment trop mal à la tête. Il respirait lentement, roulé en boule et ne bougeant plus d’un pouce.

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Eva Doe
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MessageSujet: Re: Vengeance tardive et méritée -Dans le bureau du grand dirigeant-   Dim 2 Nov - 20:54

La nuit avait beau être noire, ce n’était pas un obstacle pour celle qui sans regard savait où poser les pieds. Eva n’arrivait plus à se chasser cette image de la tête. Cet ange aux cheveux sombres, parfois étincelant de reflets rouge rubis. Ses magnifiques yeux émeraudes qui égalaient la pâleur de son teint. Eva n’aimait pas contempler son reflet, chaque fois qu’elle avait essayé, une vision d’horreur la détournait d’elle-même. Mais ce soir là, elle n’était plus à un fait inexpliqué près. Ces derniers temps, les choses bizarres allaient de bon train tout autour d’elle. Les murs s’effondraient sur ses ennemis, les objets qui se déplaçaient tous seuls voir les drôles de voix qu’elle entendait dans le vent. Sans parler de ses changements d’humeurs de plus en plus fréquents et incontrôlables. Ce soir Eva avait toute sa tête, elle était elle-même, tranquille. Pas d’agressivité extrême ou d’envie de pleurer sans cesse, pas de pulsions, d’élans de tendresse ! Non, tout portait à croire qu’elle allait bien. C’est ainsi, donc, que la jeune blonde se mit face à elle-même dans ce fameux et unique miroir qui se trouvait chez elle. Aux premiers abords elle aussi était pâle, comme son ange, ses cheveux entre le blond et le gris lui donnaient presque un air de transparence, comme si finalement, la jeune femme n’avait aucune consistance physique, un simple fantôme. Son regard, tantôt bleu tantôt gris brillait comme les pierres précieuses qui se trouvaient au creux des yeux de son ange. Mais Eva fut bien plus ravie encore, surtout lorsqu’elle put se rendre compte que son nez ressemblait un peu à celui de ce même ange. C’est alors que tout, comme à l’habitude, tourna mal. Dans le miroir, le visage de la jeune femme s’obscurcit lentement, ses traits devenaient plus fermes, plus secs, ses yeux s’enfonçaient dans ses orbites, s’assombrissant à tel point que l’on y distinguait plus rien d’autre que le vide, le néant. L’élue de l’air ramena alors une main à son visage, tâchant de se convaincre que ce n’était pas elle, qui se reflétait à présent dans ce miroir. La créature en face de la jeune femme fit le même mouvement, parfaite imitation. Eva se retourna, derrière elle, tout était normal. En se remettant face à la créature, la jeune femme fut ravie de s’apercevoir qu’elle n’était plus là. L’avait-elle simplement vaincue en acceptant de la contempler ? Non, cela aurait été trop simple. C’est dans cet esprit de questionnements en tous genres qu’Eva ressentit cette présence à travers le vent. Elle, son ange ! Elle était en ville. La jeune femme se dématérialisa, passant par la fenêtre la plus proche pour réapparaître un peu plus loin. Beaucoup plus loin en réalité. C’était une place coquette, un endroit qu’Evy connaissait bien. C’était le lieu où se trouvait le bureau du grand Elentir. La jeune femme s’en fichait, au fond. Eva la vit enfin, son ange à elle, une des six, d’après certains dire. Mais pour la jeune femme, aucune créature aussi belle ne pouvait servir une cause aussi terne que celle de Neiji, ou encore que celle de ses opposants. Non, pour Eva, un ange était bien au dessus de ces quelques notions stupides de bien et de mal, un peu comme elle. Dans la vie il n’y avait que deux catégories de personnes, certes, non pas celles qui appartenaient au bien ou au mal, mais il y avait celles qui choisissaient la facilité, le profit, menant une vie simple mais basée sur la satisfaction, d’autres, plus fous, qui faisaient le choix de s’impliquer dans cette guerre sans fin, menant une vie de dualité, tout cela pour se forger un nom, une identité au sein d’un monde qui rejette même la notion d’existence. Bref, Eva était face à son ange, silencieuse, immobile. Peaca Mortalis finit de passer sous son regard et la jeune élue se mit à rêvasser paisiblement du haut du toit où elle s’était perchée. Une autre personne entra alors en scène, Azarel Elentir avait cette démarche significative qui ne permettait pas de le rater, même au milieu de la foule la plus épaisse qui soit. Il pleuvait beaucoup et l’homme était trempé. Lorsqu’il entra, Eva fut tentée de le suivre mais elle n’en fit rien. Se replongeant dans ses rêves, elle fut ramenée à la réalité quelques minutes plus tard, peut être une ou deux heures plus tard, lorsqu’un grabuge anormal retentit. La jeune femme ne comprenait pas comment elle avait pu perdre conscience si longtemps. La nuit était plus froide encore qu’auparavant, tout laissait penser qu’il était peut être aux alentours de deux heures, peut être trois heures du matin. Eva n’était pas mouillée et pourtant, du temps sous la pluie elle venait d’en passer. Evy se dit que tout ce vacarme était sans doute lié à ses rêves mais lorsqu’un grand bruit retentit de nouveau, suivit de quelques éclatements de voix, il était évident que ce ne fut pas le cas. La jeune femme descendit de son perchoir, se laissant tomber lestement. Au lieu de tomber fermement, rapidement et de s’écraser au sol, la jeune femme plana un instant, les pends de son manteau dans le vent. Lorsqu’elle pausa pieds à terre, la petite blonde n’avait pas l’ombre d’une égratignure. S’aventurant lentement vers la petite maisonnée qui abritait le bureau du grand Elentir, Evy fut surprise, en passant la porte du hall, de voir autant de cadavres à terre. Ces hommes avaient tous été tués à coups de poignard, tous sauf un, dont les vertèbres étaient rompus. Etait-ce son ange qui avait fait tout cela ? Peut être ces hommes l’avaient agressée, la forçant de fait à se défendre. L’ange avait alors peut être saisit un objet pointu, posé par là, pour les transpercer, avant de s’enfuir. Mais Azarel ? Quel rôle avait-il joué dans cette mascarade ? Et d’ailleurs, où était le grand dirigeant ? S’approchant de la porte en bois massif qui menait vers le bureau d’Azarel, la jeune femme, prudente, colla d’abord son oreille contre l’entrée, tâchant de sonder un éventuel danger. Plus un bruit. Descendant alors lentement l’œil vers la serrure, Eva fut étonnée de ne voir aucune lumière à l’intérieur. Peut être le grand dirigeant n’était plus là. Et si, par malheur, il avait été enlevé suite à la visite de l’ange ? Eva tenta alors, discrètement, d’ouvrir la porte. Celle-ci ne répondit pas. Donnant un coup dedans, puis un autre, la jeune femme tenta d’entrer sans succès. Ressentant alors une certaine forme de panique, Evy se laissa submerger par la peur. Se sentant peu à peu chargée d’une force étrange, la jeune femme tendit les bras en avant. Par un miracle qui se faisait de plus en plus prévisible pour la jeune femme, la porte du bureau Elentir explosa à la volée, comme propulsée par un pouvoir qui n’avait, à vue d’œil, aucune consistance. Eva sentit alors une odeur acre de renfermé, associée à une forme de puanteur putride. Là, replié au sol devant le bureau, se tenait Azarel, entouré de quelques restes humains, complètement meurtris. Eva semblait alors baigner dans un pâle allo de lumière, éclairée par les faibles lueurs de la lune qui investissaient le bureau depuis la porte, mêlés à la lumière d’une torche fébrile.

Monsieur vous allez bien ?

S’exclama Eva en se penchant vers le jeune homme au regard inexpressif et ailleurs.

Monsieur ? Est-ce que vous m’entendez ?

Mais le jeune Elentir ne bougeait pas. La jeune femme se demanda dans quel mal conscient il pouvait nager, à ce moment précis. La peur qui se lisait sur son visage avait peut être enseveli sa conscience dans une prison mentale infranchissable. Quoi qu’il en soit, l’homme n’était plus là, du moins, sans parler de son corps.

Quel malheur a pu s’abattre sur vous pour que vous soyez si durement puni et qui sont ces cadavres qui gisent à vos côtés ?

Le regard d’Eva se mit alors à briller une fois. Au fond d’elle-même, elle avait l’impression de ne pas avoir perdu pied, mais d’un point de vue moins concret, son esprit semblait avoir viré de bord. Prise d’une bien étrange compassion, Evy passa une de ses mains, chaudes, sur le visage d’Azarel, presque amoureusement. Sa voix était alors plus sensuelle, son accent était un peu bizarre, donnant l’impression, à chaque fois qu’elle roulait ses « r » que la jeune femme était en train de minauder.

Quel beau jeune homme épris de quelque folie. Quelle beauté noircie par l’éclair bref d’une vive vengeance. Que de paroles ce soir, qui ne touchent normalement pas, un cœur si noir.

Et lorsqu’Eva eut l’impression de reprendre le dessus, elle fut troublée par un certain morceau de papier qui attira son regard. Dessus était écrit une chose étrange, signée « Peaca Mortalis ». La jeune femme enfourna le papier dans une des poches, elle pourrait toujours dire à Azarel qu’il avait disparu lorsqu’elle l’avait trouvé là, immobile. Peut être était-ce le nom de son ange ? Mais ce mot parlait de viol ? Azarel avait-il … A son ange ?

SALE POURRITURE !

Et, prise d’un élan d’agressivité incontrôlable, Eva déboita Azarel d’un grand coup de pied dans le ventre. Ne comprenant pas son geste, la jeune femme tomba sur le sol, apeurée. Se rapprochant timidement d’Azarel, la petite blonde murmura un bref :

Désolé …

Avant de tapoter délicatement l’épaule du sieur Elentir. Mais que lui arrivait-il encore ? Le regard d’Evy, sans qu’elle ne s’en aperçoive, avait encore brillé une fois, emprunt d’une malice qu’elle n’avait jamais exploitée, voir refoulée. Ce lunatisme de diversité foudroyante commençait à se faire de plus en plus affirmé, de plus en plus gênant.

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Azarel Elentir
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MessageSujet: Re: Vengeance tardive et méritée -Dans le bureau du grand dirigeant-   Dim 2 Nov - 20:59

Le grand dirigeant ne bougeait plus, les yeux fixés sur le sol et l’esprit ailleurs. Ses pensées se tournaient vers des souvenirs qu’il se forçait à combattre. Comme pour mieux se protéger de ses cadavres qui gisaient autour de lui.
Des coups retentirent alors, deux plus exactement. Il sentit une bourraque, un vent frais qui lui parvenait dont ne sait où. Il essaya de bouger, mais aucun de ses muscles ne voulut lui obéir. Son esprit emprisonnait son corps. Il n’avait pas l’habitude de ce genre de chose. Une voix se fit entendre et il lui sembla reconnaître son interlocuteur, pas un de ses idiot de gardes, c’était une femme qui lui parlait ainsi. Alma ? Non, la voix était trop jeune. Il tressaillit cependant quand il sentit quelque chose de chaud et de doux venir effleurer sa joue.


Ha…C’est étrange.

La seule femme a l’avoir fait était sa mère et pendant un instant Azarel se prit à rêver que c’était elle qui lui caressait le visage, comme lorsqu’il était enfant et triste. Pourtant il ne savait que trop bien que ce genre de chose était impossible, sa mère reposait a coté de lui, morte et cette fois définitivement. Il lui fallait oublier tout ça, ne plus y penser, lâcher totalement prise avec ces sombres histoires. Dans ce corps immobile et fragile Azarel se trouvait pitoyable. Un éclat de voix, l’impression de voler durant quelques micros secondes et retomber plus loin. Il ne sentait plus rien. Ses yeux se fermèrent doucement et le grand dirigeant se retrouva dans le noir le plus complet, celui de son esprit. Les silhouettes des membres de sa famille gravitaient autour de lui, le jugeant du regard. Azarel sentit une pression sur son épaule. Petit à petit son cerveau lâchait prise, desserrait les liens de ses muscles. Enfin il rouvrit les yeux. Eva se trouvait a coté de lui, tapotant gentiment son épaule. La douleur se manifesta alors, vive et lancinante elle provenait de son ventre, sans doute lui avait elle donné un coup ? Sinon pourquoi s’excuserait-elle ? Il émit un grognement de douleur et réussit à se tourner vers elle.

Pourquoi devrais-je vous excuser mademoiselle Doe ?

Sa voix était encore faible, mais suffisamment forte pour qu’elle puisse l’entendre. Il s’agrippa aux bras d’Eva et planta son regard dans le sien.

Soyez gentille et ne faites pas de commentaires inutiles.

Il se releva péniblement, rajusta ses affaires et prit une grande inspiration. Jetant un bref coup d’œil aux restes des corps il eut un sourire en coin.

Décidément, les temps sont bien durs même les cadavres ne sont pas en paix.

Il passa une main sur son ventre ressentant encore la douleur que lui avait infligé Eva. Toutes les femmes qu’il rencontrait lui laissé décidément des souvenirs bien marquants.

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Eva Doe
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MessageSujet: Re: Vengeance tardive et méritée -Dans le bureau du grand dirigeant-   Dim 2 Nov - 21:01

M’excuser ? Moi ? Euh, pour rien ! Enfin euh … J’ai accidentellement fait tomber ce pot sur votre ventre, il était là, bancal, à l’extrême bord de votre bureau ! Un miracle que je ne vous l’ai point fait tomber sur la tête ! Il s’en est fallu de peu pourtant.

La jeune femme aida alors Azarel à se relever un peu. Des commentaires inutiles ? Ca non, elle n’en ferait aucun, ce n’était même absolument pas son genre. Et par ailleurs, Azarel était bien stupide de lui demander de ne pas en faire, ça évitait de fait à la jeune femme d’expliquer les raisons pour lesquelles elle était ici. Remarque, étant donné qu’elle venait de lui sauver la vie, Evy ne voyait pas quelle raison obscure pourrait la pousser à rendre des comptes à qui que ce soit ! Le grand dirigeant s’amusa ensuite de la situation de ces quelques pauvres cadavres. Eva n’avait de toute façon rien à ajouter, elle ne savait même pas d’où sortaient ces quelques morts, visiblement là depuis moins longtemps que ceux du hall, même si en revanche, leur odeur signifiait à Eva qu’ils pourrissaient depuis bien avant.

Si je puis me permettre, reposer en paix à toujours été un bien grand mot ! J’ose espérer que lorsque je serai morte, ce sera pour de bon. L’idée même de dormir pour l’éternité me laisse quelque peu perplexe. Autant ne plus enterrer les nôtres, ça laisserait bien plus libre cours à nos rêves, si nous n’étions pas isolés dans de petites boîtes en bois absurdes ! Désirez vous que je les remette en terre ? Monsieur ?

Aussi Eva espérait qu’Azarel lui donne plus de précision sur ce qui s’était passé ici. Un nom revint alors à sa mémoire, celui sur le papier, cette « Peaca Mortalis ». Peut être Azarel savait-il qui elle était et où elle vivait ? Bien sur, Eva devrait introduire ce sujet dans la discussion de la façon la plus habile possible.

Un garde qui n’était pas encore tout à fait mort m’a fait part d’un nom. Une certaine Peaca Mortalis, est-ce que vous savez qui c’est ? Je pourrai ainsi mener mon enquête, vous rendre justice, si tel est votre souhait ?

Ou voir son ange.
Eva n’avait jamais été du genre à vouloir aider qui que ce soit ! Encore moins une pourriture telle qu’Azarel, avec tout le respect qu’elle pouvait lui accorder. Pour elle le grand dirigeant n’était pas un homme libre en droit et en pensée, c’était juste un tas de viande riche et suffisamment idiot pour financer sa vie pour le moins confortable. Et c’était comme ça qu’Eva voyait tout le monde, sauf son ange. De toute façon, si la jeune femme était aussi dénuée d’attaches et de vie sociale, c’était bien parce que fondamentalement, elle ne pensait qu’à elle et à sa petite vie tranquille. C’est ce qui l’avait poussée jadis à servir Neiji et à le servir encore.

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Azarel Elentir
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MessageSujet: Re: Vengeance tardive et méritée -Dans le bureau du grand dirigeant-   Dim 2 Nov - 21:26

Azarel se massait le ventre tout en écoutant Eva, un vase ? Bien sur…Tout a fait logique, comme le fait que sa porte se retrouve a un bon mètre de sa place initial. Néanmoins il avait d’autres soucis en tête pour le moment. Comme par exemple faire remettre en ordre son bureau, remplacer la porte et les gardes. Et bien sur s’occuper de cette peste de Peaca. Si elle voulait jouer à ce genre de jeu avec lui elle allait être servie.

Les remettre en terre ? Pourquoi faire ? Laisser ma chère Eva je vais m’en occuper moi-même. Il me faut juste des urnes, un bon feu de cheminé qui crépite et le tour sera joué. Ma chère petite famille sera réunie pour une fois. Je suis sur qu’ils sont content intérieurement.

Il reporta son attention sur les cadavres disloqués, il ne serait pas chose facile de savoir qui était qui dans ce désordre d‘os et de poussière. Et puis où allait-il les installer ? Un endroit simple leur irait très bien. Le dessus de la cheminé ? Parfait ! De quoi parlait-on déjà ? Ha oui d’un garde pas tout à fait mort…encore un ? Il avait dut le manquer celui là.

Ha oui ! Cette chère Peaca ! Ne vous donnez pas la peine d’enquêter Eva, je sais parfaitement de qui il s’agit. Une jeune seigneur, un rien tête brulée et très jolie de surcroit. Une femme tout à fait charmante et distinguée.

Que d’ironie dans ces propos…Azarel affichait un large sourire en y repensant. Cette charmante demoiselle allait bientôt déchanter.

D’ailleurs je me rends chez elle tout de suite. Vous connaissez le domaine des Mortalis ? Ravissante demeure. On y trouve de tout, des servantes totalement cruches, des jeunes femmes émotives et des gardes idiots. Comme tout le monde dans cette maudite ville. Je vous prierais de rester ici, ce genre d’affaire ne vous concerne pas.

Et voila le grand dirigeant qui part en grande trombe. Quelques secondes plus tard, le temps de casser le bras d’un palefrenier un peu trop porté sur le règlement, et Azarel quitta la ville, direction le château des Mortalis.

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Eva Doe
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MessageSujet: Re: Vengeance tardive et méritée -Dans le bureau du grand dirigeant-   Lun 3 Nov - 17:26

Vous vous rendez au domaine de Mortalis alors ?
Bien mon seigneur ! J’espère que vous trouverez votre compte en allant là-bas !


Un léger rictus fit son apparition au coin des lèvres de la jeune femme.

Pas si j’arrive avant vous …

Et la fille de l’air laissa à Azarel un petit temps d’avance, se grattant le front un peu nerveusement. La demoiselle ne s’était jamais amusée à faire la course contre un cheval ! Mais elle savait que le vent lui, serait plus rapide. Et puisqu’elle avait le don étonnant de pouvoir se laisser porter …

POUF !

Voilà qu’Evy disparaît, sans presque aucun bruit, laissant derrière elle un léger petit nuage noir. La jeune femme ne sent plus son corps, comme d’habitude lorsqu’elle utilise ce pouvoir, Eva suit la vitesse du vent, observant les alentours avec plus de liberté que jamais. Mais la portée de cette compétence reste incertaine, ce qui fait qu’Eva, avant d’atteindre son but, s’arrête, réapparaît plusieurs fois à différents endroits avant de redisparaître.

Personne ne fera de mal à mon ange.

Et la prochaine fois qu’Evy poserait les pieds au sol, ce ne serait pas ailleurs qu’à l’entrée de Mortalis elle-même, bien avant Azarel d’autre part.

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