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 L'homme en noir

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Rel
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MessageSujet: [ libre ] L'homme en noir   Sam 3 Nov - 18:40

D’après l’horloge biologique du jeune homme l’on était en fin d’après midi. Précision inutile vu que l’obscurité ambiante ne permettait pas à grand monde de s’y retrouver. Une torche allumée par un des agents de la ville brûlait en un doux crépitement à peine audible, diffusant une lumière suffisante pour apercevoir quiconque s’y trouvait et distinguer les formes des bâtiments alentours.

Rel se tenait debout en face d’une personne que l’on devinait être un homme d’âge mur et sans grandes difficultés sociales. Ils se trouvaient tous deux devant le porche du labo … Le plus jeune était habillé d’un pardessus noir au col relevé, laissant apercevoir des cheveux ébouriffés, une chemise noire elle aussi, et un pantalon simple de la même teinte. L’autre portait des lunettes, la barbe grisonnante, et un manteau laissant apercevoir sa condition de scientifique. Ses rides dues certainement au climat régnant dans la ville, laissaient voir son sentiment d’insécurité et de malaise ; tandis que son visage reflétait la suffisance.

Ils ne se cachaient pas, discutant d’on ne sait quoi pour toute oreille ou regard éloigné. Après un hochement de tête de Rel, l’homme écrasa la cigarette qu’il fumait jusqu’à présent, et après un bref regard aux alentours rentra dans le bâtiment. D’un geste machinal le jeune homme resté au dehors porta une main dans les poches intérieures de son vêtement et en palpa brièvement ce qu’il savait être un dossier important, fruit de quelques jours de recherches. Un demi-sourire se dessina sur ses lèvres restées jusque là inexpressives.
A l’intérieur de l’enveloppe se trouvait un compte rendu détaillé des expériences que l’on menait au labo ces temps-ci, de même qu’une liste des personnes y étant rattachée. L’on pouvait encore lire un sous-dossier contenant des projets en cours, des plus farfelus et inutiles, aux autres, plus audacieux et dont seuls ceux qui travaillaient dessus pouvaient se venter auprès des autres d’en connaître le contenu.

Tout cela n’était que des copies, bien entendu, mais cela n’empêchait pas leur lisibilité et suffisait amplement à combler l’intérêt qu’y portait l’informateur.

Rel commençait à s’éloigner quand il senti quelque chose, ou plutôt … Quelqu’un. Il continua sa marche silencieuse, maintenant certain que la personne allait se montrer d’elle-même, sans esquisser le moindre mouvement pour l’en empêcher ou montrer qu’il l’avait senti.

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Luvna
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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Sam 15 Déc - 0:11

Non loin de là, dans le bâtiment, deux personnes discutaient. Là, se tenait une femme d’imposante stature, tant sa taille était démesurément grande. Elle était ce jour là vêtue d’un long kimono couleur lagon sur lequel étaient brodés des motifs d’oiseaux. Ses yeux étaient fardés d’un rouge intense qui permettait de faire ressortir la couleur de ses yeux, provocant un étonnant contraste avec son teint si pâle. Pour autant, elle semblait radieuse. En face d’elle, un homme, dont la couleur des vêtements semblait bien terne en comparaison de celles de son interlocutrice.
La discussion semblait bien gaie. La femme paraissait ravie.

Luvna était ravie. L’entretien se déroulait à merveille avec son ami. Bien plus qu’un entretien, d’ailleurs, si Akira l’avait fait quérir jusque dans sa boutique, c’était pour également à cause du fait qu’il avait quelque chose à lui donner. Il s’agissait d’un prototype réalisé à partir de plans que l’inventeur avait mis des mois à mettre au point.
Ce dernier, finalement, déposa délicatement l’objet dans les mains de sa compagne. Il s’agissait d’un éventail. Le premier réflexe de Luvna fut de le déployer avec majesté. Par la suite, elle actionna un bouton, discrètement positionné sur l’éventail. Des lames jaillirent alors à chaque extrémité de l’objet. Les lèvres de la femme s’étirèrent pour finalement former un joyeux sourire. D’un ton enjoué, elle avait alors ajouté :

« Tu as accomplis un superbe travail, cher ami ! »

Après quoi, elle lui demanda l’heure. L’inventeur lui, estimait qu’il ne devait pas être loin de six heures. Ils se quittèrent, chacun devant aller à ses occupations.
Telle une enfant captivée par son nouveau jouet qu’elle attendait depuis des mois, Luvna ne pouvait s’empêcher de cesser d’actionner les lames de l’éventail. En mettrait-elle en vente dans sa boutique? Telle était alors la question qu’elle se posait. Effectivement, cet objet pouvait très bien lui servir d’arme personnelle, pour qu’elle puisse se défendre. De ce fait, fallait-il en exposer à la vue de tous, tout du moins de tous ceux autorisés à pénétrer dans l’arrière boutique pour y voir le stock d’armes ?

La femme s’arrêta net. Une ombre venait de se dresser devant elle. Elle recula de quelques pas, se dissimula puis observa. Il s’agissait d’un jeune homme, qui, a priori, ne semblait pas être un mauvais bougre. Cependant, l’on n’est jamais trop prudent…

Lorsqu’elle fut lasse de sa cachette, Luvna s’avança vers le jeune homme, d’un pas léger, agissant avec beaucoup de prestance. Elle passa à côté de lui, puis finalement se ravisa à continuer sa route et ralenti donc à sa hauteur. Le solitaire n’allait pas avoir de chance… La dame était d’humeur à bavarder.

« Si j’aurais cru croiser un jeune homme ici! Quelle bonne surprise, vous chercher quelque chose, attendez quelqu’un peut être ? »

C’était ce qui s’appelait ne pas y aller avec le dos de la cuillère en matière d’accostage...
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Rel
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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Sam 15 Déc - 2:01

Il sentit la personne s’arrêter brusquement, et en l’espace d’un instant il eu la confirmation que cette personne n’était pas n’importe qui. Une voix gracile et enjouée le sorti de sa torpeur et confirma cette impression, tandis qu’une femme qui jusque là se contentait de son rôle de passante se tenait devant lui. Il était mal à l’aise en sa présence, même si les mots qu’elle prononçait avaient tout de la conversation normale et même si un peu curieuse et parlant sans détours, il ne ressentait aucun danger émaner d’elle. Ce qui était un fait inhabituel en soit.

« - Une bonne surprise vraiment ? »

La surprise était pour lui de taille … Peu de gens osaient sortir de chez eux, et ceux qui le faisait étaient d’une discrétion à tout épreuve, d’une banalité affligeante, ou alors des partisans. Ou des protégés. Ou encore des fous comme lui. Tandis que la femme qu’il avait devant lui ne faisait rien pour passer inaperçue, elle avait tout de l’extravagante …

« - Je ne cherche rien de plus qu’une ballade au clair de lune, si je puis me permettre. Et vous … Pardonnez mon impolitesse, mais je ne vous ait encore jamais vue, j’ignore donc comment vous parler pour ne pas être dans le faux … »

Voilà comment était Rel, lorsque ne savant pas de quelle manière il devait agir avec son interlocuteur, se montrait d’une agréable compagnie, aux manières de dandy tout en en disant peu sur ses agissements et sur les raisons de sa présence. C’était devenu une habitude. Et permettait de ne pas se tromper, jamais. Au pire les gens qu’il avait en face de lui le prenait pour un noble et ne remettait en question aucun de ses actes ou de ses questions.

Il était pourtant extrêmement méfiant envers l’inconnue, habitué des situations sortant de l’ordinaire, il savait que rien n’arrivait pas hasard. Et que la présence de l’extravagante n’était pas due à ce qu’il venait de prétendre, la proximité du labo ne devait pas y être pour rien. N’est-ce pas.

D’ailleurs, il tenait à copier les documents qu’il venait d’acquérir au plus vite, il avait besoin de les étudier plus en détail au calme. Et un endroit venait de s’imposer à son esprit comme une évidence. Un sourire naturel et engageant naquit sur ses lèvres, et ses yeux examinèrent plus en détail celle qui se tenait devant lui. La passer aux rayons x serait même plus approprié, tandis qu’il restait silencieux, attendant les réponses qui ne se feraient pas attendre plus longtemps.

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Luvna
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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Dim 16 Déc - 21:17

Tandis qu'elle attendait une quelconque réaction de la part du jeune homme, Luvna procédait à une observation détaillée de ce dernier. Ce qui pouvait paraître amusant était qu'elle se voyait obligée de baisser les yeux pour le regarder. Effectivement, elle avait quelques bons centimètres de plus que ce dernier. Elle eut un sourire intérieur, puis continua son observation. Ses yeux noirs, semblaient vides, dénués du moindre sentiment, voire de la moindre trace de vie. Etait-ce une volonté du jeune homme de ne pas laisser entrevoir ses sentiments, ou bien cela était tout simplement naturel? Elle ne sut quelle conclusion tirer, du fait qu'elle ne connaissait pas son interlocuteur... Elle fut ensuite amusée par sa chevelure, châtain, toute ébourrifée. Ce gamin -car elle le considérait belle et bien comme un gamin- ne faisait-il donc pas attention à son apparence? Enfin, elle remarqua enfin sa tenue. Le jeune homme était de noir habillé, ce qui faisait ressortir la couleur de ses yeux.
Un son finalement, sortit de la bouche de son interlocuteur. Luvna lui fit un sourire chaleureux, puis répondit tout aussitôt...


"En effet! Vous savez, lorsque je me trouve dans les alentours du laboratoire, je m'attends plus à voir surgir un quelconque détraqué plutôt qu'un jeune homme au physique agréable!"

Une fois ces mots prononcés, elle se remit à rire joyeusement. Elle avait prononcé cette phrase avec un ton si léger que l'on aurait pu presque croire qu'elle ne mesurait pas réellement le danger qui pouvait l'entourer. Pourtant Luvna mesurait pleinement les risques que l'on prenait à se promener seule dans la rue, mais qu'importe... Elle avait son éventail... et une autre arme dissimulée dans son kimono...
Mais pour l'heure, pourquoi aurait-elle du s'inquiéter? Le jeune homme lui paraissait agréable, et lui répondait de manière polie. Si sa présence le dérangeait, alors il avait au moins la délicatesse de ne pas le lui signaler. Si cependant, l'air de rien elle restait aux aguets, Luvna se refusait de sombrer dans la paranoïa. Si une seule personne devait garder espoir et optimisme, c'était bien elle.

Lorsque le jeune homme lui avoua qu'il ne la connaissait pas, la propriétaire de l'étrangemagasin prit un air faussement outrée, fit mine de lancer un regard inquisiteur à son interlocuteur. D'un geste rapide et élégant, elle pointa son doigt sur le jeune homme jusqu'à lui toucher le bout de son nez. Elle déclara alors:


"Si tu ne me connais pas cela veut dire que tu n'as encore jamais mis les pieds au "Bazardesrues"! Je suis Luvna, la propriétaire de cette boutique, où l'on trouve toutes sortes de choses, aussi insolites qu'utiles! Et toi, tu vas remédier au fait que tu n'ait jamais pénétré dans ce lieu fabuleux!"

Elle lui fit alors un sourire qui ne dura que quelques secondes avant de disparaitre. Luvna redevint alors sérieuse, et regarda son compagnon avec une étrange intensité. L'on aurait presque pu croire qu'elle sondait son esprit. D'un ton grave, elle reprit alors :

"Car nous sommes tous à la recherche de quelque chose n'est-ce pas? Et toi, que cherches-tu?"

Elue peut être, devin aucunement. Alors comment pouvait-elle savoir de pareilles choses? L'intuition, la sagesse, ou bien l'expérience... à moins que cela soit un peu toutes ces caractéristiques réunies dans un savant mélange...
Elle garda son expression sérieuses quelques secondes encore, puis adopta un sourire enfantin. Là d'un ton espiègle, elle dit alors...


"Toujours est-il que tu ne m'as toujours pas donné ton nom!"


[HRP: désolée pour le changement de couleur des paragraphes, je n'ais tout simplement pas réussi à retrouver la couleur par défaut...]

- Admin -
Je me suis permis de résoudre ton petit soucis :)
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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Dim 16 Déc - 23:53

« - Vous savez, les gens cachent souvent bien plus qu’on ne le pense, ne croyez vous pas ? Et l’homme effrayant pourrait être un simple et honnête homme ayant trop bu, et ne pouvant être considéré comme un danger. Cette ville est bien particulière … »

Il avait dit tout cela sur le même ton soutenu, que l’on n’avait guère l’habitude d’entendre de la bouche d’un jeune homme de son âge. Du moins, de l’âge que les gens qu’il rencontrait lui donnaient. L’on avait l’impression que pendant trois ans il n’avait pas changé d’un pouce son apparence … Il était cependant plus organisé dans sa façon d’agir, mais était toujours une personne énigmatique et prompte à réagir.

« - Mais si vous êtes sortie, c’est que vous deviez le savoir et que vous ne devez pas être sans défenses. »

Il y avait beaucoup de suppositions dans cette phrase, mais il était clair qu’elles étaient vraies. Même une personne ne savant pas se servir d’une arme en prendrait une si elle devait sortir … En espérant que le bluff marche bien entendu. Et il n’avait pas prêté d’attention au « jeune homme au physique agréable », il s’en souciait si peu … Tout ce qui le concernait et qui n’avait aucune importance à ses yeux ressortait par l’oreille qui l’avait entendu.

Il grimaça d’une manière qui aurait pu être comique lorsqu’elle le traita comme un enfant. Il pris un air indigné, et un de ses fabuleux sourires en coin naquit sur son visage, sans que ses yeux n’expriment plus que ce qu’ils exprimaient déjà … C'est-à-dire, pas grand-chose. Cependant il se décala légèrement et de manière quasi imperceptible pour qu’elle ne puisse pas le toucher, il aurait été fou de ne pas le faire, et cela venait plus du réflexe que d’un mouvement mûrement réfléchit. Peu de ses actions étaient vraiment planifiées d’ailleurs, mais c’était une autre histoire. Il enregistra mentalement le prénom ou pseudonyme de la dame qui était devant lui, en espérant s’en rappeler. Avec un peu de chance ce serait le cas, sa mémoire s’étant un peu améliorée en ce sens, au fil des années …

« - Et quelle est donc cette boutique que je ne connais pas, Luvna ? »

Il se pencha quelque peu vers elle, et haussa un de ses sourcils, un brin curieux.

Pas question d’admettre que cette lacune dans sa connaissance de la ville le frustrait un peu, lui qui se targuait de la connaître mieux que la plupart de ses habitants … Il était un des meilleurs informateurs que l’on pouvait trouver, alors s’il ne connaissait pas l’endroit ni son emplacement précis, c’est que cela ne devait pas être bien important. Mais la ville avait plusieurs facettes, et la boutique en question pouvait en avoir autant qu’elle et que sa propriétaire.

« - Pardonnez moi, mais nous venons de nous rencontrer, et je doute qu’en apprendre plus vous intéresse pour le moment. Peut-être voudriez vous faire quelques pas dans cette rue ? Nous sommes loin du centre et peut-être étais ce là que vous vous rendiez ? »

Répondre n’avait pas été une chose aisée, il était improbable qu’il lui en dise plus, il était en vie et comptait bien le rester encore longtemps.

« - Certains de mes amis me nomment Pique, comme ce symbole que l’on retrouve sur les cartes de Tarot … Un jeu curieux si vous voulez mon avis. »

Il avait perçu le changement de ton de Luvna, mais ne se décidait pas à quitter le vouvoiement qui allait bien à sa façon d'agir du moment, se disait-il.

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Peaca Mortalis
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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Mar 18 Déc - 1:15

HJ Vu que le sujet est libre je me suis permise ... Si jamais n'hésitez pas à me dire s'il y a un problème Wink HJ

Je vous ai déjà dit cent fois que je n’étais pas intéressée par une autre épée que la mienne Grégoire ! Pourquoi voulez vous toujours me chercher une autre arme. La mienne est souple et fend le vent avec autant de grâce que les mouvements de mes bras, si j’agis avec l’agilité dont je peux faire preuve.

Mais ! Mademoiselle ! Cette vieille épée appartenait à vos ancêtre, si monsieur savait que je…

Monsieur ne saura rien Grégoire, il est au lit, malade et mourrant, je fais ce que je veux désormais. Soyez plus détendu, tout va bien mon ami.

Pardon Mademoiselle, c’est cette nuit continuelle, ça me monte à la tête ! Je deviens dépressif.

Et vous ne serez pas le seul sur une longue liste. Allez donc m’acheter ces quelques provisions que j’ai noté sur ce papier, je m’en vais rejoindre la place publique pour prendre les chevaux. Ensuite nous rentrons au domaine.

Bien Mademoiselle.

Sur ces mots les deux personnes se dispersèrent chacune de leur côté, ignorant de quelque façon que ce soit le danger à être seul, du moins au début. Hors de sa seigneurie, Peaca savait pertinemment être en danger et même si elle se sentait plus ou moins peu rassurée, elle trouvait une excitation particulière à ce danger, à cette aventure. Lentement la jeune femme revêtit son ample et profonde capuche devant son visage à nouveau assombri. Du fond sinistre de cette couverture ne ressortait plus que le regard émeraude envoûtant de la jeune femme de 25 ans. Une longue cape verte faisait de drôle d’ondulation selon les mouvements de sa seigneurie, lui donnant un peu l’air d’un fantôme avançant au travers de la brume.

Qu’est ce qu’il m’a encore pris de partir sans gardes rapprochée ?


Si quelqu’un venait à apprendre qu’un seigneur était en ville, Dieu seul savait l’effet que ce pourrait causer. De la panique comme de la joie, dans toutes les situations, l’une comme l’autre, Peaca préférait la discrétion claire et nette. Alors qu’elle venait réellement de se perdre dans le labyrinthe des rues, la jeune femme tomba sur deux personnes qui marchaient en discutant. L’une était habillée étrangement mais sans pour autant en être troublante, l'autre personne en revanche semblait plus sombre. Devait elle paniquer ? Ou continuer sa route en se souciant guère du pourquoi du comment ? Peaca sentit son cœur palpiter d’excitation, elle faisait si peu de rencontres enfermée dans son château …Elle choisit cependant de ne rien dire au départ, se contentant de passer à côté des deux personnes. Sur son passage cependant le temps semblait ralentir, un autre homme qui passait là par hasard tourna la tête vers elle, ne la quittant plus des yeux. Une aura de passion flottait dans l’air, douce séduction. Peaca eut le malheur de poser son regard sur l’homme qui s’avança vers elle tel un zombie pour lui faire le baise main.

Allons ! Relevez vous ! Je ne vous connais pas ! Vous n’avez pas honte de me toucher de la sorte ?

Dit elle en repoussant l’homme assez violemment pour s’en décoller. Frottant son poigné qu’il avait accroché, elle resta face à lui sans oser rien dire. Serait elle démasquée aussi bêtement ? Aucune chance, même si les personnes présentes, de part le pouvoir de séduction de la jeune femme, se douterait sûrement de ses origines. La seigneurie des Mortalis était réputée pour sa production en femmes aussi belles que l’éclat de la Lune … Peaca cependant resta digne et repoussa l’homme une nouvelle fois avant que l’idée de s’y reprendre ne lui vienne à l’esprit. Elle se tourna ensuite vers les deux personnes qui avaient sans doute tout vu et lança un regard en biais à l’homme légèrement troublant, sans oublier de garder toute son attention sur la femme, pour ne pas se risquer à un éventuel coup inattendu.

Sommes nous trop prudent par les temps qui courent ? Même si le danger ici serait au tout et pour tout moi et moi seule, Dieu seul sait qui Azarel a envoyé à mes trousses pour me faire surveiller ?

_________________

- Je crainds le fou qui de mon regard - N'oubliez pas de voter pour nous ICI- "La Veuve Noire a encore frappé" -
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Luvna
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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Mer 19 Déc - 23:49

HJ- Aucun soucis, mis à part le fait que les armes de Luvna sont dissimulées - HJ


L'humain est fait de telle manière que l'on finit toujours par savoir quelle est la personnalité de l'être en face de soi. Qu'importe que la personne soit bavarde ou non, qu'elle soit parfaite commédienne ou incroyablement honnête. Si elle ne transparaît pas par les mots, la gestuelle, la manière d'être finit toujours par transparaître, de manière plus ou moins subtile. Le jeune homme en face de Luvna, ne faisait bien évidemment pas exception. Qu'il parle peu ou qu'il raconte toute sa vie, cela ne changerait au final que peu de choses.
Bien évidemment, la première image que l'on a des gens n'est pas forcément la meilleure, ainsi l'étrange commerçante ne perdait pas de vue qu'il n'était pas forcément ce qu'il voulait refléter. Il lui semblait néanmoins perspicace, de part ses interventions, ses phrases bien placées, bien souvent choisies avec subtilité...


"Tu as tout à fait raison. Nous ne savons jamais réellement qui se tient en face de nous..."

De même que l'on ne savait pas toujours qui l'on était réellement.
Toujours était-il que même Luvna dissimulait sa véritable personnalité. Qui pouvait bien deviner ce qu'elle était réellement derrière ses tenues extravagantes, voire parfois de mauvais goût? Certains la pensaient folle, et elle s'arrangeait de temps à autres pour alimenter les rumeurs à ce sujet afin que sa sagesse sans âge n'attire pas trop l'attention sur elle...
On pouvait alors en effet considérer que Luvna était calculatrice, mais par soucis de sécurité, et non à des fins machiavéliques.

Elle fit un clin d'oeil au jeune homme. En effet, elle était loin d'être naïve. "Sortez couverts", disait-on les jours de pluie. Ici bas, depuis des décennies l'on murmurait plutôt "sortez avec de quoi vous protéger...". Elle se mit alors à rire gaiement lorsque le garçon lui demanda le nom de sa boutique. Le duo devait être assez particulier à voir: une femme extravertie, en compagnie d'un garçon plutôt renfermé pouvait s'avérer être un étrange tableau.
Ne s'était-il pas souvenu qu'elle lui avait donné le nom de la boutique un peu plus tôt? Oou peut-être n'avait-il pas saisi que "Bazardesrues" était réellement le nom de son antre? A moins que la belle créature qui se trouvait non loin d'eux n'eut attiré son attention... Pour autant, elle ne lui fit pas remarquer son erreur.


"Il s'agit du "Bazardesrues". Ma boutique se trouve non loin du centre. Maintenant que vous voyez où elle se trouve, vous n'avez plus aucune excuse possible pour ne pas y mettre les pieds!"

Elle se mit donc, en sa compagnie, à faire quelques pas dans la rue. Elle hocha la tête lorsqu'il lui demanda si elle allait bien vers le centre. D'un ton de nouveau sérieux, elle lança, l'air de rien...

"Je ne tiens pas à imposer aux autres de me dire tout ce qui se trouve dans leur petite tête s'ils ne le souhaitent pas. Pour autant, je m'intéresses aux humains. Pourquoi? Parce que j'aime les humains, tout simplement, et j'ai parfois l'impression que par les temps qui courent, beaucoup oublient à quel point nous sommes des êtres qu'il ne faut point réduire à l'état d'objet sans pensée propre..."

Tandis qu'ils marchaient, ils purent apercevoir la scène de la jeune femme repoussant l'homme. Scène assez comique selon Luvna, qui étant sur cette terre depuis plus longtemps qu'il n'y paraissait, savait pertinemment que le charme envoûtant qui émanait d'elle était caractéristique d'une certaine seigneurie. Sa manière d'être trahissait son origine sociale. Luvna se tourna vers Pique, puisqu'elle devait se contenter de cela pour le moment, puis déclara:

"Tu as là un pseudonyme assez mignon. Pour ma part, j'aime bien le Tarot..."

Elle s'arrêta à quelques pas de la jeune femme, et reprit, d'un air doux, presque tendre:

"Les jeunes filles au sang noble m'amuseront toujours"
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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Jeu 20 Déc - 2:30

S’il n'avait pas résisté au raisonnement de la jeune femme qui semblait bien plus réfléchie que toutes les femmes qu’il avait rencontré jusque là, comment aurait-il pu mentir impunément à Neiji, de même qu’à tous ses employeurs au fil des ans ? Comment aurait-il pu cacher aussi bien ses objectifs et son obsession tout ce temps ? Comment, mais comment aurait-il pu rester en vie ? Après toutes les implications que soulevaient pareilles idées, il était évident que Luvna ne savait rien de lui … Ou du moins, pas beaucoup plus que ce qu’il avait voulu lui montrer et lui faire deviner. Il n’était pas mauvais à ce jeu là, il ne fallait pas l’oublier. Mais il était certain qu’elle avait perçu tout ceci, sans en savoir plus cependant, mais tout ce cheminement avait du se faire dans sa tête il en était parfaitement conscient.

Il remarqua – comme toute personne dans un périmètre d’un kilomètre, non, une centaine de mètres soit la distance que faisait la rue – la jeune fille se faisant aborder plutôt cavalièrement par un homme apparemment subjugué par son visage … Et c’est très négligemment qu’il détourna le regard pour jeter un regard circulaire et discret sur tout ce qui les entouraient – rues adjacentes et toits y compris -, avant de se retourner vers sa vis-à-vis.

Un sourire discret naquit à nouveau sur ses lèvres, il avait voulu demander par sa question sur sa boutique de quel genre était-elle … Pas une quelconque autre information qu’il avait enregistré sitôt qu’elle l’eut prononcé. Il passa une main dans ses cheveux, les ébouriffants un peu plus, avant de préciser :

« - Le bazardesrues … Nom étrange, mais assez révélateur. Cependant, c’est ce que l’on peut y trouver qui faisait l’objet de ma question, bien que je ne doute pas que vous me répondrez de venir voir par moi-même ... »

Cette réponse n’était pas exempte d’un brin d’ironie, mais rien de méchant, la même intonation aurait été de mise dans une conversation classique entre deux connaissances.

Il était décidemment bien plus sociable qu’avant, même si ce n’était généralement qu’à des fins personnelles … Bien plus diplomate et distingué aussi, son masque de jeune dandy issus d’une famille aristocratique lui servait bien plus souvent qu’avant … Même si on ne lui connaissait pas de famille dans les terres de Fend. Pour être plus précis, personne ne le connaissait … Pas même un peu, on ne pouvait donc rien savoir de concret sur lui. Il n’avait pas besoin des autres, et n’en faisait ni n’en disait jamais plus que ce qu’il ne fallait. Jamais. D’ailleurs, il prenait un malin plaisir à changer d’attitude selon les personnes qu’il avait en face de lui, et il s’était découvert un certain talent pour user de costumes et de personnalités différentes selon les journées ou les nuits qui s’offraient à lui.
Ce soir là pourtant, il prenait plaisir à la conversation, même si lors de son commencement elle n’avait pas paru au meilleur moment … Il avait finit pas être piqué de curiosité pour celle qui se tenait en face de lui. Sans se départir de son flegme, ou plutôt de sa nature dolente et apparemment passive qui lui allait si bien.

« - C’est tout à votre honneur, les gens veulent toujours en savoir bien plus qu’ils ne le devraient. »

Et lui faisait partie de ces gens là, bien que d’une façon bien différente de ce qu’il sous entendait présentement. Quand l’on est informateur, il est difficile de ne pas se tenir … informé.

« - Et voilà une réflexion fort réfléchie … Vous l’avez l’air intelligente et avoir vos idées propres, par les temps qui courent c’est dangereux de les exposer ainsi. Même si pour ma part, je ne me plie pas à ce que la peur engendre comme bêtise. La peur paralyse, c’est comme cela que l’on obtient des habitants passifs et manipulables … »


* Et quelqu’un que nous connaissons bien le sait parfaitement. *

Bien sur, il ne précisait pas son allégeance - qui allait uniquement à sa personne, lui Pique, ne servait que lui-même -, ni plus avant sa façon de penser. Il y avait du vrai dans ses paroles, cela avait pu se vérifier au cours de toutes les guerres et batailles auxquelles il avait assisté … Voire qu’il avait lui-même attisées par des informations si précises et si chères, pour lesquelles ses commanditaires auraient avalés leur langue. La comparaison lui plu, mais il la garda pour lui sans rien en faire transparaître.
Il s’apprêtait à lui répondre à nouveau, quand il ravala ses mots pour en transformer certains.

« - Elles sont bien inconscientes … »

Il pu vérifier une fois de plus l’attrait que ces filles et femmes, les Mortalis, pouvaient provoquer sur des habitants venant d’autres contrées ou de seigneuries différentes. Il avait reconnu la jeune femme dès qu'il avait pu voir son visage, Peaca, la seigneur et maître du domaine Mortalis en personne. Et il réfléchissait déjà à un moyen de tirer profit de ce qui ne tarderait pas à être sa seconde rencontre de la soirée ... En fait, c'était la troisème.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Jeu 20 Déc - 21:34

Aussitôt la jeune femme se débarrassait enfin de son encombrant et collant prétendant du hasard, que les deux personnes avaient déjà fondues sur elle pour quelques paroles qui la mirent bien mal à l’aise. Une légère couleur rose teinta les joues séduisantes et pures de Peaca. Comment feindre maintenant ? Faute d’espoir de s’en tirer pour cette fois, elle allait quand même y laisser la chance tenter de la tirer de ce bourbier. Que faire si ce n’est mentir sur son identité ? Il fallait le dire, elle n’avait pas le droit d’être là à cette heure, car les seigneurs étaient plutôt des êtres vindicatifs qui envoyaient des troupes entières faire leur courses à leur place. Peaca n’était pas ainsi, elle préférait se mélanger à la foule, se délecter de cette sauvagerie que représentait pour elle la population de la ville. Il était bien plus drôle, bien plus aventureux d’affronter des pochtrons ivres par soit même, quelle merveille pour un seigneur victime de l’ennui provoqué par ses innombrables pièces vides d’activité ! Mais il y avait aussi un risque, le risque de rencontrer des personnes dangereuses qui pourraient fondre sur elle. Bien sur, Peaca savait bien largement se défendre et à bien des égards l’innocence de la jeune femme était aussi une arme fatale.

Que dois-je inventer encore pour tenter de me tirer de là ?

Peaca plonge ses yeux émeraude sur le visage de Luvna.


Jeune fille au sang noble ? Ô non Madame ! Je ne suis que pécheresse en recherche des quelques exigences de mon seigneur ! Je me suis perdu alors que l’écuyer du château s’apprêtait à nous faire regagner nos terres ! Sauriez vous où nous nous trouvâmes quelques instants plus tôt, afin de m’indiquer la direction de la grande place ?

C’était pour Peaca une bien piètre esquive.
Mais Luvna ne semblait pas totalement avoir conscience de ce que représentait le seigneur, à l’inverse du jeune et étrange protagoniste qui se trouvait en face d’elle, la mesurant avec beaucoup plus de convoitise dans le regard. « Inconscientes » ? Douce négligence envers une femme qui mériterait bien plus de crainte de la part du jeune effronté qui venait de la provoquer indirectement. Si elle avait pu se laisser aller, elle aurait déjà ordonné à l’individu de lui présenter ses excuses s’il voulait reprendre son chemin sans crainte de représailles, mais l’ego de la jeune femme, si exposé en plein jour ne serait qu’un indice de plus vers sa vraie Nature. L’avait il reconnu ? Fort possible et a ne pas mettre de côté pour sa sécurité.


Inconscientes ? Et que peut il bien justifier, mon bon monsieur, l’utilisation d’un terme à ce point peu calculé ? J’ai en ma botte plus d’une arme pour défendre la bannière de ma patrie. Je ne suis que noble servante à la recherche de sa route, hélas ! Pouvez-vous donc m’aider oui ou non ?

L’air hautain qu’elle afficha soudainement la fit quelque peu réfléchir. La jeunesse de l’âme lui allait parfois bien mal. Si Peaca était une femme qui pouvait être sage à l’extrême, il était évident présentement qu’elle avait trop peu vécu, pour se sentir ainsi agressée par un simple mot à son sens mal employé. Elle repris ses esprits et se concentra de nouveau. Pourquoi ne pas jouer leur jeu ?

Quoi donc ? Qu’est ce que deux personnes peuvent ne pas craindre pour se promener si loin des sentiers battus ? L’ignorance des gens de la ville m’amusera toujours. Sont ils aussi inconscient que la servante loin de sa seigneurie ?

Ajouta-t-elle en affichant un sourire narquois, bien plus significatif de son soudain état d’esprit.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Sam 29 Déc - 0:01

Luvna réalisa que, finalement, c'était elle qui avait compris les paroles du jeune homme de travers. Néanmoins elle n'en fut pas gênée. Après tout cela arrivait certainement à tout le monde... Cela tombait alors très bien, elle qui devait se faire passer pour le commun des mortels. Elle afficha cependant un petit sourire embêté, histoire de faire croire qu'elle se sentait un peu idiote, alors qu'au d'elle même, cela lui passait bien haut au dessus de sa tête.

"Oups... Néanmoins je ne tiens pas à contredire vos dires. Au "Bazardesrues" il y a tout ce que vous chercherez. De ce fait il ne vous reste plus qu'à y mettre les pieds."

Un petit sourire, encore une fois, apparut sur son doux visage, nullement choquée par la pointe d'ironie présente dans les paroles du jeune homme. Cela faisait des années que Luvna ne prenait pas au premier degré l'intonation de la voix de ses interlocuteurs, ceux qui flattaient comme ceux qui usaient de l'ironie.
Tandis que la conversation s'enchaînait tranquillement Luvna s'amusait à se poser toutes sortes de questions sur l'homme se tenant en face d'elle. Qui pouvait-il bien être? Pourquoi utilisait-il un pseudonyme? L'on a toujours une bonne raison d'en utiliser un, cela elle le savait parfaitement. S'il était d'apprence inoffensive, ses airs innocents cachaient-ils une réalité toute autre? Que faisait-il dans la vie? Comment se nourrissait-il? Etait-il originaire de Fend?
Mais ce qui intriguait le plus Luvna, c'était sans nul doute la manière dont il agissait, le recul, le détachement dont il semblait faire preuve par rapport aux évènements. C'était comme s'il n'avait que faire de ce qu'il pouvait l'entourer. Pour autant... Comment pouvait-on être réellement insouciant lorsqu'un couperet pouvait s'abbattre d'une minute à l'autre sur soi?


En effet, elle avait ses idées, et de temps à autres, il lui arrivait de les exprimer... de manière plus ou moins directes. Cependant Luvna était parfaitement consciente qu'il ne valait mieux pas prendre trop de risques, aussi ne lançait-elle que quelques bribes de temps à autres, avant de passer à un tout autre sujet.

"C'est tellement triste d'être contraint..."

Tels furent les mots qu'elle utilisa pour clôre le sujet. De toutes manières, une nouvelle personne venait de capter leur attention.

La petite noble, aux yeux de Luvna, se révéla être fort amusante. La manière dont elle tentait désespérément de leur faire croire le contraire de ce qu'elle était en était presque hilarant. Au lieu de cela, Luvna affichait une mine attendrit... presque irritante dans un tel contexte. Car elle ne croyait pas un seul de ses mots, et cela se voyait. Et plus la jeune fille tentait de les persuader, plus l'étrange marchande se demandait si elle n'était pas issue d'un très haut rang. Finalement, une question surgit en son esprit: Se pouvait-il qu'il s'agisse de la jeune héritière Mortalis? Cela prouverait la forte présence de ce don caractéristique des femmes de cette province, bien plus puissant chez les descendantes directes de la lignée.

Luvna, tranquillement, rassembla les pans de son kimono qu'elle tint dans l'une de ses mains, tout en prenant soin de ne point révélé ce qui devait rester caché. Puis elle s'avança de quelques pas. D'un ton enjoué elle commença alors

"Pique, regarde comme notre chère servante est bien élevée. Ce n'est pas donnée à toute la valetaille de s'exprimer en ces termes n'est-ce pas? Je ne pensais pas que les servantes étaient élevées en compagnie des enfants héritiers... Les Mortalis semblent ma foi bien généreux..."

Elle continua à s'approcher, tourna autour de la jeune femme, petit sourire aux lèvres.

"Si j'étais l'héritière Mortalis, je n'apprécierais que très moyennement le fait que mes sujets se comportent de manière hautaine, surtout hors de leur province. Cela ne véhicule pas une bonne image n'est-ce pas?"

Elle s'arrêta en face d'elle et reprit d'un ton doux.

"Allons noble servante. Ne traitez pas d'ignorants ceux sur qui vous comptez... Nous pourrions très bien nous détourner et vous laisser à votre triste sort... Qui sait, entre les mains calleuses d'hommes qui n'ont pas eu une beauté aussi envôutante depuis des années n'est-ce pas?"

Elle s'écarta finalement, et reprit d'un ton naturel.

"N'étant pas rancunière, je peux vous dire que nous sommes dans les alentours du laboratoire. La grande place se trouve à bien des minutes d'ici."
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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Dim 30 Déc - 21:00

« - Je ne vous en tiens pas rigueur, cela a si peu d’importance, au fonds … »

Et c’était vrai, bien qu’il fit mine de se prendre au jeu de la dame qu’il avait en face de lui, avant d’approuver d’un signe de tête lorsque la conversation entre les deux personnages tira à sa fin. La jeune fille au ton bien vindicatif vint de poster en face d’eux, et il en fut un moment interloqué, avant d’en être très amusé en écoutant et en observant la donzelle.

« - Mademoiselle, surveillez donc votre langue, madame pourrait s’en montrer offusquée surtout venant d’une simple servante. »

Pourquoi ne pouvait-il pas s’empêcher de provoquer ? Décidemment, c’était plus fort que lui, mais l’occasion était trop belle.
C’était la première fois qu’il s’adressait vraiment à la jeune héritière qui était présentement en face de lui, et force était de reconnaître qu’elle n’avait pas un visage de manant, et que ses joues était bien trop roses pour qu’elle ne soit pas nourrie à sa faim. Les seigneurs de Fend ne faisaient pas partager leur vivres avec leurs subalternes, étant eux même plus ou moins ravitaillés depuis que les terres étaient devenues si peu productives. Rel lui-même avait du s’entendre avec ses contacts, et élargir son réseau, dans le seul but de pouvoir manger lorsque son corps ne suivait plus … Changer d’apparence et participer à une réception, ou mieux encore un banquet donnée par l’un ou l’autre, était devenue une habitude, bien que le jeune homme n’avait pas besoin de grand-chose dans son estomac pour vivre normalement.

Il ne pouvait s’empêcher cependant de baisser d’un ton, ne voulant pas révéler plus qu’il n’en avait déjà dit. Et il évitait scrupuleusement de la fixer dans les yeux, ou même de laisser son regard vagabonder sur son visage. Il laissa donc à l’extravagante le soin de lui montrer qu’elle était bien piètre comédienne, et d’informer Rel du fait qu’elle aussi ne croyait pas un mot de son audacieux discours. L’emploi du nom de la famille des Mortalis le conforta dans son idée que sa vis-à-vis n’était pas n’importe qui … Le ton ouvertement moqueur qu’elle employait révélait soit une position bien plus haute que le statut de simple commerçante qu’elle lui avait annoncé, ce qu’il pourrait vérifier sans mal, soit une assurance particulière concernant son avenir et des armes autres que celles du discours pour la protéger.

Ceci étant dit, il resta légèrement en retrait, les mains dans les poches décousues de son pardessus. Son visage ne reflétait rien de plus que précédemment, et il avait gardé toutes ses réflexions pour lui. Il se demandait si la demoiselle allait se conforter dans son bien mauvais mensonge, et le cas échéant, comment elle allait réagir. Il risqua un coup d'oeil vers elle, attendant de la voir rougir ou fuir leur regard ... Il comptait sur elle pour lui offrir le divertissement qu'il espérait, il n'aimait pas être déçu ...

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Jeu 3 Jan - 16:38

Des paroles encore des paroles !
Peaca n’aimait guère les curieux, en fin de compte, mais il lui fallait s’avouer que ces deux là étaient fort tenaces ! Ô que oui ! Comment s’en débarrasser ? En avait elle seulement envi ? Elle se rendit compte bien assez vite que ces deux personnes n’étaient pas dupes quant à sa réelle identité. Pourquoi continuer de se cacher alors ? La jeune femme retira son capuchon profond pour découvrir son visage pâle et son air grave. Un collier autour de son cou portait le blason des Mortalis. Un collier que lui avait offert sa mère, avant de mourir. Luvna semblait habile, bien plus expansive aussi que le jeune homme à ses côtés. Alors comme ça Peaca était hautaine ? Si la jeune femme s’était comportée en seigneur, elle aurait sorti arme et aurait donné l’ordre de la mettre au fer pour cet affront. Seulement où étaient ses gardes ? Et où était sa volonté d’être un seigneur ? Peaca tourna un instant le visage vers les façades des bâtiments de la rue, puis elle reporta une attention minutieuse sur les deux jeunots imprudents.


Eh bien, je crois que je suis démasquée.
Je me nomme Peaca Mortalis, héritière d’Andros Mortalis, seigneur de l’une des six. Je suis ici pour faire mes courses, comme une grande fille, aussi pour me prouver que je suis encore capable de faire les choses par moi-même, sans recours à qui que ce soit. Le fait que vous fassiez preuve d’une telle insolence aurait pu créer en moi une soudaine colère à votre égard, mais cela ne me fait ni chaud ni froid. J’ai pitié de vous, petits gens, qui n’avaient même pas idée de l’époque où nous vivons, pour parler ainsi à un seigneur.


La jeune femme n’avait pas dit cela pour les mettre en colère ou pour s’attirer le respect d’une quelconque façon. Elle savait juste qu’il y avait en ce monde, en ces terres, beaucoup moins patient qu’elle, et ô combien il était dangereux de parler ainsi à un seigneur ou à un proche serviteur de Neiji. Fort bien, ce n’était pas son cas, mais si ils avaient eu cet écart avec Azarel par exemple ? Que ce serait il passé ? Peaca voulait juste faire appel à leur raison, pour entraîner de fait leur prudence. On ne devait pas agir ainsi en des temps si sombre. Peut être l’avaient ils sous-estimée parce qu’elle demeurait être seule, mais ce serait un grave erreur, car Peaca savait ne jamais être intime à elle-même.

J’avoue que votre aide m’est précieuse.
Je suis embarrassée de vous rencontrer dans de telles circonstances, mais je dois dire que les temps sont propices à ce que les gens n’aient pas bien d’autre solution que de se croiser par hasard, soit pour se dualiser d’une quelconque façon, soit pour créer des liens dangereux qui seraient si vite vu comme une tentative de révolte.


Dit-elle finalement en leur lançant un regard extrêmement provocant. Peaca ne savait plus vraiment quoi dire en fait ? La voilà annoncée, que pouvait elle bien ajouter ?


Soyez certains de ma gratitude pour votre aide.
Aussi si un jour je puis vous rendre la pareille ? N’hésitez en rien. Je sais que peu de monde est actuellement digne de confiance, mais j’ai l’espoir que les gens de ces terres réapprendrons un jour que la compassion et l’entraide ne sont pas mortes, chez aucun de nous.


Puis sans rien ajouter, elle fixa le chemin indiqué, ou sous entendu par Luvna. Comment se retrouver dans un tel labyrinthe ? Elle n’avait pas le choix, s’il elle aurait voulu s’enfuir sur le moment, elle devait rester aux côté des deux personnes si elle tenait à retrouver sa route dans ce brouillard soudain et surnaturel.

Cela vous pose-t-il un problème si je vous demandais l’extrême service de bien vouloir me conduire à bon port ?

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Ven 6 Juin - 0:02

C’est alors que pendant que la demoiselle se présentait et palabrait, un homme des bas quartiers vint héler le groupe de jeunes gens. Ou moins jeunes. Après s’être entretenu un instant avec lui, Luvna, qui semblait le connaître, pris congé des deux personnes avec qui elle faisait cosette. Sans oublier un sourire amusé à l'égard de la Mortalis hors de son château, mais sans rien ajouter de plus sur le sujet. Quelque chose semblait la préoccuper.

« - Croyez bien que je suis confuse, mais ce cher Pique vous mènera sans doute où vous le souhaitiez. N’est ce pas cher ami ? »

Elle se tourna un instant vers Rel, hocha la tête et esquissa un sourire, avant de disparaître dans une rue voisine. Lequel regardait ailleurs et manqua de laisser là en plan la jolie femme en oubliant sa présence.

« - Soyez sûre que la dame qui nous quitta avait tout a fait conscience du monde dans lequel elle vit. Il en est de même pour moi, allons, quittez cet air outré où je pourrais bien vous laissez ici-même, sans remords. »

Un sens de l’humour délirant, n’est ce pas.

Il fit quelques pas, certain que la Mortalis le suivrait. A dire vrai elle lui aurait retourné une claque qu’il n’en aurait pas été surpris. Il faillit également lui demander une cigarette, avant de se reprendre. C’était pas une femme comme elle, habituée à son château et à ses fanfreluches, qui pourrait lui procurer cette saleté de drogue qui lui plaisait tant.

« - Et pourquoi prendrais-je la peine de vous conduire là où vous le souhaitez ? A moi de vous retourner votre affirmation... Etes vous réellement consciente du monde dans lequel vous vivez, mademoiselle ? »

Dit-il en laissant sa phrase en suspens, et sans retirer ses mains de ses poches.

Il se tu ensuite, en effet, il y risquait sa tête, et c'était ce genre d'écart qui avait coûté la vie à bien moins futé que lui. Et pour moins que ça. En réalité, n'importe quel garde en mal d'aventure aurait pu le condamner à mort ou le tuer sur le champ pour n'importe quel prétexte. Et il ne tenait pas à ce que les documents qu'il transportait soient découverts.

* Merde... *

Il avait en partie oublié ce fichu dossier, il en faudrait pour le décider à s'attarder davantage.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Ven 6 Juin - 19:09

Le monde qui m’entoure ?
Brave homme … Sachez qu’en tant que femme, c’est moi qui entoure le monde, c’est moi qui aie tous les pouvoirs ! Les hommes se veulent indispensables à ma cause mais en réalité ils ignorent tous qu’alors même qu’il pose sur moi leur regard plein de mépris, ils se sont déjà vendus de mes charmes. Si je voulais trouver un guide, cher Pique, je n’aurais qu’à défaire les trois premiers boutons de mon corsage.


Et la tête haute, Peaca fit mine de l’ignorer un instant.
Cela dit, il n’avait pas forcément tord, comme elle venait si bien de le mettre en avant, elle était bien plus dangereuse qu’elle n’y paraissait. Était-il normal qu’il ne trouve pas l’inspiration de la confiance en regardant une innocente créature du calibre de Peaca ? Oui ! Devait-on également considérer comme normal tant de prudence et un soupçon d’arrogance face aux ardeurs de la dame ? Oui bien sur. Elle ne pouvait aucunement couper non plus, être gentille où se retrouver livrée à elle-même.


Finalement, nous jouons le même jeu cher ami.

Bien sur les choses devaient sans doute aller en s’améliorant, si l’on pouvait considérer que l’action cesserait à ce moment là même, combien auraient imaginé que sur ce dénouement, la jeune femme remarque une étrangeté comportementale dans l’attitude du jeune homme l’accompagnant. Pourquoi les mains toujours dans les poches ? Quelque chose était il en train de le démanger ? Peut être en réalité était-ce un arme, voir deux, qu’il tentait de dissimuler discrètement. Un meurtrier peut être !

Que cachez vous ?

Mais la réponse serait peut être fatale.
Peaca détacha lentement ses longs cheveux, en toute nature dont elle pouvait. Ses jambes s’implantèrent d’avantage dans le sol glissant et ses bras se libérèrent de son ample manteau pour lui permettre le mouvement ample dont elle pourrait avoir besoin. Discrètement, la paume de sa main effleura avec une intense délicatesse et une extrême douceur le pommeau de cuire de sa belle et longue épée.


Loin de moi l’envi d’insister bien sur …

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Ven 6 Juin - 23:17

« - Dans ce cas pourquoi rester ici, si le premier homme passant à portée pourrait faire l’affaire ? Allez-y, mademoiselle, ils seraient ravis de contempler cette silhouette dont vous êtes si fière. »

Peut-être était-il sensible à ses charmes, en vérité.
Ou peut-être pas.

Comment savoir ce que le jeune homme cynique et désinvolte voulait réellement dire. Lui-même ne le savait pas, ou faisait semblant. La seconde option étant sûrement la bonne, il aurait suffit que la Mortalis lui pose la question, pour qu’il y trouve un prétexte pour s’éloigner davantage.

En réalité il remarquait le changement d’allure dans le pas de son interlocutrice… Laquelle se faisait plus éloquente de minute en minute. Fallait-il en passer par là ? Il n’était pas loin de le penser, lorsqu’il fit volte face pour la regarder dans les yeux.

« - Nous cachons tous quelque chose. »

Il fit un pas en sa direction.

« - Je ne coupe pas à la règle… Et vous non plus. »

Un rictus naquit alors sur ses lèvres, lui qui n’avait pas exprimé plus que de l’indifférence devant elle. Cette jeune seigneur savait donc que se balader dans les rues de Fend sans arme était synonyme de mort… C’était une très bonne chose, pour elle. Il s’approcha davantage, jusqu’à se retrouver tout près d’elle.

Sans crainte.

Il lui saisit alors le menton, sans cesser de la fixer de son regard qui d’inexpressif était passé à étincelant. Non, elle ne reconnaîtrait pas l’homme qui plusieurs fois avait rendu visite à son père, en toute sympathie, bien sur. Il ne l’avait jamais rencontrée à proprement parler… Mais il l’avait croisée, observée, scrutée, et jaugée.

« - La vie est un jeu et j’y trouve ma place tout comme vous. Alors pourquoi me poser une question à laquelle vous savez que je ne répondrais pas... Vous semblez avoir autant de logique que moi, je vous pensais plus réfléchie. »

Il s’éloigna alors, reprenant sa marche funèbre et feutrée. Sans jeter un regard en arrière. Oui, c’était une de ses spécialités. Que faisait-il là, déjà ? Ah. Luvna. Il ne se rappelait pas du nom de sa boutique, mais il n’aurait aucun mal à la retrouver. Pourquoi ne pas s’y rendre tout de suite ?

« - Que diriez vous d’une petite ballade. » dit-il à dans un chuchotement.

Avait-il oublié qu'il avait mieux à faire ? C'était à se demander comment il avait pu survivre sans ce monde. Heureusement pour lui, il était bien plus intelligent qu'il n'y paraissait.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Sam 7 Juin - 1:15

Peaca observa alors Rel avec une attention toute particulière. Cet homme qui sans gêne venait de lui saisir le menton pour captiver l’émeraude de ses yeux. Bien sur la jeune femme tenta tant bien que mal de ne pas lui donner ce plaisir, au risque qu’il en demande davantage. Était-elle à ce point une arme qui n’avait pas conscience de son potentiel ? Elle en doutait, mais elle savait que les choses ne seraient jamais aussi difficiles qu’elles pourraient le devenir sous peu. Peaca était prisonnière, une fugitive à ces heures là car sans autorisation elle s’était enfuie, une fois de plus et voilà qu’encore une fois elle jouait à chat avec un oiseau plus beau et plus prestant que les autres. Mais ils l’étaient tous …

Je ne cache pourtant rien, moi.

Puis le regard implorant, ses lèvres hésitantes, tremblantes d’un désir qu’elle n’avait pas vu venir. Cette sensation avait elle un jour cessé de la saisir en présence d’un homme ? Recherchait-elle enfin les lèvres qui combleraient sa faim ? Peaca hésita un instant et sans pouvoir se tenir davantage elle murmura.

Je suis une seigneur, je ne suis pas seule et pourtant …Je ne suis pas concernée par les règles de la société, je suis mes propres désirs. C’est à la fois une bénédiction et une malédiction, je serais souvent seule, je le sais et personne ne me comprendra peut être jamais …

Puis, déglutissant.

Mais je connais une liberté qu’aucun autre ne goûtera jamais. Parce que s’accepter c’est être libre.

C’est alors que peut être par accident, les yeux de Peaca croisèrent ceux de Rel, sans qu’elle ne se souvienne de ce qu’il venait de se passer avant. Elle se surprit à avoir fait pas mal de route, le bras de l’homme en main, comme si en transe, alors qu’il s’était échappé, la jeune femme l’avait soudainement attrapé pour le tourner à nouveau vers elle.

On ne me demande pas d’être réfléchie, on exige de moi que je reflète mon peuple, que je défende ses intérêts, mais malgré cela, j’ai obtenu le droit d’être moi-même, contre toutes conventions. C’est là que doit pour moi se situer la seule et véritable intelligence. Osez me dire que vous m’êtes indifférent, osez-le seulement …

Le temps vint alors se suspendre étrangement.
Les choses semblaient en arrêt, Peaca ne savait plus ce qu’elle voulait, marcher, le suivre au fil des rues, ou s’enfuir tout à coup pour ne plus avoir à affronter cette arrogance masquant bien évidemment une grande difficulté à s’impliquer. Craignait il la femme qu’elle était ou croyait il qu’il serait plus judicieux de garder des distances avec un Seigneur de Fend ? L’un comme dans l’autre, il aurait tord …


J’ai tant à vous donner. Et vous avez tellement à m’apprendre.

Peaca baissa les yeux un court instant, reprenant ses esprits. Ce moment de suspend n’avait qu’amplifié un sérieux mal de crâne. Elle inspira profondément, dans le but de se resaisir.

Je veux bien marcher, j’en ai besoin.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Ven 13 Juin - 16:39

Le joli chaton ne savait pas non plus que la misanthropie de Rel en était à un point de non retour. Ce désir qu’il pouvait à présent lire dans ses yeux l’avait surpris et repoussé à la fois. Il ne s’y attendais pas, et il la lâcha. Sans s’éloigner. Sans se détourner. Ses yeux toujours fixé sur son iris.

Si tu n’aspires pas à être le meilleur, tu ne seras jamais bon. Voilà ce qu’il avait appris au fil des années. Oui, il était bien jeune pour en être déjà arrivé là. Mais la vie n’attends pas que les années aient fait leur office… Elle vous prends les hommes comme ils sont sortis de leur berceau. Et c’est pire encore quand cette douce senteur d’enfance n’a jamais existé, et que la rue devient la seule échappatoire.

Une véritable cage.

« - Vous êtes une seigneur fort avisée et persuasive, mais les hommes sont ainsi fait que vous ne pourrez les remodeler à votre guise. Je suis tellement libre d’aller où je veux, que je ne sais que profiter des rencontres sans lendemain, qui restent pour moi terriblement ordinaires. »

Il continuait de marcher, mais ses sens aiguisés étaient perturbés. Il voulait se dégager de son étreinte désespérée qui lui brouillait la raison, il ne supportait pas que l’on le touche. Sauf lorsqu’il donnait la mort… Et celle-ci pouvait prendre bien des formes qu’il n’avait encore pas imaginées.

Mais il mentait.
Oh, tout le monde faisait de même.
Lui, elle, les habitants, les rebelles, et tous ces gens.

Il n’était dépendant que de sa capacité à se fondre dans les soirées mondaines, de ses contacts durement gagnés, de ses gestes sûrs et de sa mémoire à long terme étonnante. Il était dépendant de lui-même au jour le jour. A l’instant même où il se relâcherait, il serait perdu. Pourquoi continuer à vivre lorsque l’on ne représente plus rien, et lorsque nous ne pouvons compter sur notre seul allié… En l’occurrence, le jeune homme était seul.

« - Votre destinée n’aura rien à voir avec la mienne, je ne suis pas pris dans les filets qui vous entravent… Toute seigneur que vous êtes. Toute femme que vous êtes. Je suis seulement un homme arpentant la ville et voyageant au grès des êtres. »

Il s'arrêta et se retourna, le souffle du vent faisant danser son pardessus autour de ses jambes, laissant apparaître cet homme qui se croyait sans faille et qui l’était presque, auréolé de tout ce mystère et de toute cette haine qu’il camouflait toujours si soigneusement. Ses mots étaient ses armes, mais ses employeurs savaient qu’il cachait bien des choses qu’il valait mieux ne pas connaître. Bien des ambitions qu’il savait instinctivement être siennes mais qu’il ignorait, ou encore une fois, faisait semblant de.

« - Et n’oubliez jamais, que si vous ne réfléchissez pas un tant sois peu, vous ne saurez jamais être plus forte que ceux qui seront vos ennemis. Soyez vous même, mais gardez la tête sur les épaules demoiselle. Je n’aimerais pas que ce pays tombe en ruine, je ne pourrais plus en tirer grand chose. »

Il haussa un sourcil.

Il était très mal placé pour parler de réflexion et de raison.

Comme certains en avaient fait l’expérience, Pique de Lune était un étrange animal. Et il aurait pu paraître totalement inconscient. Il la regarda dans les yeux, semblant curieux d’elle. Jouant de regards, de mimiques ; c’était qu’il savait être expressif lorsqu’il le voulait.

« - Tant à me donner ? Que pourriez vous bien m’apporter qui ne m’ait pas déjà satisfait pleinement ? » dit-il dans un début de sourire hypocrite.

Tout, bien entendu ! Il ne pouvait comparer ce qu’il avait arraché à la rue, de ce qu’elle possédait. Dans tous les sens du terme. Il fit alors un mouvement pour se détourner et s'en aller. Elle avait presque captivée son intérêt, mais si sa seigneurie voulait marcher, alors, il ne l'empêcherait pas de le suivre. Du moins, pendant un certain temps.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Dim 15 Juin - 13:07

Alors je suis ordinaire, pour vous ?

Peaca ne s’était pas gardée de montrer son originalité depuis bien le début de cet entretien cela dit, il manquait encore quelque chose pour pimenter la situation. Ce jeune homme semblait d’humeur au jeu, ça tombait bien, d’ailleurs, Peaca était peut être celle qui les avait tous inventé !

Voyager au gré des êtres ?
Tout ce que vous faites c’est les déshonorer d’un simple manque de considération, aussi à chaque fois que vous en croisez un, sous le simple prétexte que vous croyez déjà avoir tout vu … Mais laissez moi vous dire …


Et Peaca interrompit sa marche à ce moment là, apportant une main vers son front, comme fiévreuse.

Laissez-moi-vous dire …

Chute théâtrale.

Mes forces m’abandonnent !

Tend la main à Rel.

Allez-vous donc me regarder ainsi toute cette maudite nuit ? Ou comptez vous me relever à un moment donné ? Ah … Je n’en peux plus.

Peaca s’étale alors sur le dos.
Caprice de jeune femme, comédie ou tout bonnement réalité, il était presque impossible de le dire et d’un cas à l’autre, il était tout de même nécessaire de lui fournir de l’aide ! La pauvrette ne pouvait plus se relever, emmaillotée dans sa cape bouffante. Après qu’allait-il se produire ? Le jeune homme la relèverait sans doute, il devrait la toucher pour cela. Si elle était aussi peu dangereuse pour lui, après tout, il ne risquait rien à prendre risque de l’effleurer.


Ah …

Soupir long et expressif.

Il veut ma mort !

Grommèlement.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Jeu 19 Juin - 23:46

Oui, il mentait.

Il fallait bien ça pour faire sortir la mortelle des sentiers battus.

D’ailleurs si la jeune femme était entravée par ses obligations et par ses nouvelles fonctions – les informations circulaient vite pour qui savait où les trouver – Rel l’était tout autant. Oh, d’une autre manière ! Il n’était pas sous le feu des projecteurs, et sa mort à lui serait digne des plus misérables hères de Fend. Il jouait avec le feu continuellement, cela faisait des années qu’il sortait vainqueur d’une comédie dont il tissait les fils uns à uns. Le jour où cela finirait, cela ne le concernerait plus. Il n’y avait rien à redire à cela.

Soudain, il se retourna. Que faisait-elle a terre ? Il n’avait pas vu sa chute. Celle-ci avait été digne des plus grandes tragédies, ou comédies, mais il n’avait entendu que le bruit du tissus qui se froisse, et d’un corps qui tombe brutalement à terre. De même que l’altération de la voix de la demoiselle. Et son appel. Finalement il s’approcha, le pas prudent de ceux qui s’attendent à tout. Rien ne se lisait sur ses traits obscurcis par cette nuit perpétuelle. Il aurait pu paraître menaçant.

« - … »

Non, il n’avait pas prévu pareille situation.
Surprise.
Amusement.
Inquiétude ?

Ce n’était pas ce genre de réponse qu’il attendait.

Il tendis la main et toucha son front, sans mot dire. Oh il se maudirait plus tard de l’avoir fait – ou pas – mais il le fit. Elle aurait pu avoir peur de cette main qui se rapprochait de son visage, et de l’homme qui la dévisageait… Toujours en silence. Elle était belle, désirable. Il pensait également qu’elle représentait le parfait mécène. Elle était brûlante. Mais c’était plus que cela n’est ce pas ? Il ne pouvait contrôler ses pensées, et il glissa sa main dans ses cheveux. Ils étaient doux et soyeux. Il jouait avec le feu, littéralement, mais le jeu prenait une autre tournure.

« - Je ne peux pas vous laisser à la merci du premier venu, Mademoiselle Mortalis. »

Etais-ce une fable ou pure folie ?

Il se tu.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Ven 26 Sep - 21:59

Et il se perdit dans son regard.
Ce n’était pas le premier mais cette fois c’était …Spécial. Peaca avait bien envi de jouer encore la comédie avec ce jeune homme mais quelque chose lui laissa penser qu’il était peut être temps de prendre des distances, de repousser le mal avant qu’il ne la dévore toute crue. Que dire d’autre ? Au début ce n’était qu’un geste amical, jusqu’à ce que ce devint un geste de tendresse, jusqu’à ce qu’enfin ce devienne sensuel …


Ô et il ne me relève pas ! Il me laisse ainsi, mourir de froid …

Et elle se lamente encore, du moins elle essaye …Elle le voudrait. Lui aussi a un beau regard, un regard profond dans lequel on peut se perdre, Peaca peut y voir la flamme de la passion, ce reflet consumant l’âme du jeune homme comme elle consume à présent celle de Peaca tout en même temps. La jeune femme tente encore de se relever, mais ses membres ne répondent plus.

Ô ciel !

Second appel.

Ô misérable vie ! J’ai le dos gelé.

Troisième essai.

Bon tu m’aides ?

Mais parfois toute lutte est inutile, il y a des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter. Que dire de plus ? C’était simple : Il était là, elle aussi était là, ils étaient face à face. Peaca hésita un instant, un frisson la parcourut, lui fit sentir que son geste était mal, mais toute tragédie (ou comédie peut être ?) n’aurait nié la convention du premier baiser après une rencontre fortuite. Et Peaca se saisit des lèvres du jeune homme. Au premier abord, cela avait plus une saveur de défi qu’autre chose. Puis petit à petit les choses devinrent plus tendres.

Non.

Peaca se recule, perdue.
Qu’importe l’identité de ce jeune homme, l’ange rouge n’était pas convaincu de l’impact inoffensif que pouvait avoir ce geste. Etait-ce mauvais pour elle ? Pour lui ? Il ne fallait pas aller jusqu’à le découvrir, mieux valait prendre ses précautions, surtout en cet âge sinistre.


Maintenant que vous êtes en état de satiété la plus totale, comptez enfin m’aider à me relever ? Ou peut être cela vous éveil quelque sentiment médiocre de complaisance de me savoir à votre merci, à vous.

Et elle repensa alors à ses dernières paroles.

Ô mais il serait plus dangereux de me laisser à la merci du premier venu que vous ne pouvez l'imaginer. Ignorez vous donc le pouvoir séducteur des nobles de Mortalis ? Les femmes là-bas sont les plus belles et les hommes, tous fils de l'Apollon, des pro-di-ges ! Alors permettez moi, je ne crois qu'il soit nécessaire de vous préciser encore une fois le calvaire que je peux vivre ...

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Dim 28 Sep - 20:41

La vie et ses multiples facettes…
Difficile pour un spectateur de comprendre toute l’intensité de ce moment.

« - Tu ? »

Nonchalant, il lui tends la main.
Presque avec… Oui ! Délicatesse.

Un geste désuet qui saura tout a fait convaincre la demoiselle de glisser ses longs doigts fins contre les siens.

« - Vous voilà bien familière noble dame. »

Il n’a pas détourné le regard.
Pique de Lune se moque ? Un peu.

En même temps qu’il se rends compte que ses prunelles ont emprisonnées le regard de Peaca, il sait. Le sarcasme reste au fonds de sa gorge. Il n’ajoute rien. L’homme est maladroit, inconscient de son attraction. Mais bon acteur, il ne se laisse jamais surprendre par une scène imprévue !

Du moins c’est ce qu’il croit.
Pourquoi en irait-il autrement ?

Soudain…

Cette divine comédie n’a pas finie d’abattre ses cartes sur ces pauvres malheureux. Mais le sont-ils tant que ça ? Elle n’a rien a envier aux plus belles vierges de Fend. Elle en est la représentante la plus pure… Mais le paraître est pourtant bien trompeur, devant cette si belle fleur. Cette femme porte en elle la passion et la rage d’une jeunesse qui manque de s’étioler. Qui trébuche. Mais qui toujours se relève.

Rel.
Il est là.
Il amorce un geste pour se relever, mais il s’arrête.

Ses lèvres sont sur les siennes.
Voilà bien le seul imprévu qu’il n’avait pas calculé. Ou alors …?

Un battement d’ailles les lie à présent, dans un soupir. Les flammes qui animent le jeune homme n’en finissent pas de le dévorer. De les dévorer. Il la soutient d’un geste galant, inhabituel.

Puis, avec toute la violence d’un ouragan qui se déchaîne contre son propre avenir, elle se retire. Contre sa propre vie, sa propre destinée… Le hasard et tout ça en même temps. Ses chaînes qu’elle avait abîmées la reprennent de plus belle. Avec force et tempête.

Lui ne ferme jamais les yeux, alors il se contente de la regarder et de se taire.
Cet enfant qui se prenais pour un roi sans couronne.

« - A ma merci ? Vous l’êtes depuis que je vous ai aperçue. »

Il parle bien sur de ce qu’il est.
Narquois.
Arrogant.
Informateur et tueur avant tout.

« - Mais prenez donc cette main que je vous tends, je ne doute pas que vous êtes en train de prendre froid. Mademoiselle. Bien que cela ne me regarde en rien, je me soucie de la santé de ceux que je… Rencontre. »

Il présente à nouveau sa main, prévenant.
Il aurait pu ajouter autre chose.

« - Je ne me complais que dans la nuit qui nous entoure, bien loin d’apprécier la farce que nous offre le monde tel que nous pouvons le voir et le sentir. Mais vous embrassez bien, et certaines scènes de cette étrange pièce semblent tout à fait me convenir. »

L’instant est brisé par son ton insupportable.
Mais n’aurait-il pas clôt les paupières, une seconde ?
Il n’arrête pas de mentir.

Il la relève.

Laissera-t-elle ses mains entre ses doigts pales ? Croira-t-elle ses paroles pleines de fiel et de calomnie. Les siennes… Lui l’ange qui n’en finis pas de tomber. Il n’est que rarement sincère. Cet empêcheur de tourner en ronds.

Il la regarde toujours.
Observateur, il ne rate aucune des expressions qui passent sur son visage troublé.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Dim 28 Sep - 21:26

Ne me regarde pas comme ça, tu rends les choses encore plus dures …

Peaca ne retire pas tout de suite sa main.
Elle n’en a pas envi mais elle sait pourtant qu’il va falloir qu’elle le fasse. Il le redoute surement autant qu’elle, certains signes ne trompent pas, seulement, à cette période, il est plus dangereux que jamais d’en prendre le risque. C’est ainsi que s’effondre toute la comédie, que commence la vraie tragédie. Lorsqu’un d’un accident on se prend au jeu et que l’on se brûle, tout entier …Peaca a senti cette chaleur agréable, elle a senti ce besoin, ce manque, cette passion soudaine, si courte. Elle aussi aurait voulu garder les yeux ouverts ! Bien sur que oui ! Mais … C’était trop bon.


Il se pourrait alors que je vous ai mal jugé bel inconnu. Vous êtes de toute évidence quelqu’un de bien. Je m’en mords les doigts d’avance. Je ne connais que le mal, la peine, la douleur et dans tout ça, je conserve mon innocence. Mais lorsque je rencontre le bien, toujours par le plus grand des hasards, j’éprouve le désir égoïste de le retenir à moi, à jamais.

C’est ainsi qu’elle retire sa main.

Il vaut mieux pour vous prendre des distances tant qu’il en est encore temps …Tant que vous le pouvez toujours. Si toute fois mes avertissements venaient de tomber dans l’oreille d’un sourd, je saurais, avec le temps, me faire aveugle. Mais le monde est cruel pour deux infirmes.

Et elle soupire.

Surtout celui qui nous entoure.

Après ces mots, toute la distance, qui aurait du se faire plus grande, face à ces paroles qui pourtant sonnaient comme un refus, Peaca hésita à remuer les lèvres une nouvelle fois, à prononcer des mots qui pourraient bien impliquer Rel dans sa vie sans qu’elle ne s’en rende compte. Et puisque le sort en voulut ainsi, l’angelique les laissa fuir d’elle-même.

N’avez-vous jamais eu le sentiment d’être ici pour accomplir un rôle ? Je veux dire …De devoir faire quelque chose pour changer le cours du temps ? Vous le sentez mais rien ne vous éclair ! Alors vous cherchez les bras devant dans le noir une solution qui se dérobe sous chacun de vos pas. Vous passez des portes et détruisez des murs mais toujours vous revenez au point de départ ! Cruelle infinie qui vous éloigne de votre but. Et si notre destin n’était qu’un cercle, en continuel rotation sur lui-même, nous ramenant toujours au point que nous fuyons ? Dites le moi …Vous le sentez, parfois ?

Et Peaca s’arrête alors.
La jeune femme se met face au tueur et le fixe dans les yeux. Devrait-elle avoir peur ? C’est tout le contraire. Elle est bien dans cette position, et sa main sert la sienne. Ses yeux pétillent d’espoir. Trouverait-il la force de la briser ? De briser ses rêves ? Et si sa vie ne tenait qu’à un fil ? Ce fil en particulier ? C’était cruel, un instant de pur sadisme et pourtant d’extrême nécessité. Il fallait de toute façon en passer par là …


Je suis désolé, je devrais me taire.

Et Peaca se détourne, lentement, espérant que son bras la ramène à lui de nouveau.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Dim 28 Sep - 23:42

« - Plus dure pour moi, ou bien pour vous ? »

Il se baisse alors qu’il tiens toujours sa main, très doucement… Détourne le regard vers celle-ci et porte ses doigts si fragiles à sa bouche en un baisemain des plus doux. La flamme peut être ardente et dangereuse, mais aussi tremblotante et furtive qu’un bruissement d’aille.

« - C’est vous qui parliez de l’attraction naturelle des Mortalis il y a moins d’une minute. Vous êtes plus lucide que vous n’y paraissez, et plus spontanée également. J’aurais bien du mal à m’éloigner de vous après pareille entrevue. »

Il marque une pause, l’écoute, et laisse retomber sa main alors qu’elle retire la sienne.

« - Le bien et le mal sont des valeurs qui se confondent en ces temps perdus, ne vous escrimez pas à les différencier. Vous vous perdriez en voulant déceler le vrai du faux, ce qui est juste de ce qui ne l’est pas. Cela vaut pour tout ce que vous voyez. »

La dernière phrase a été prononcée plus lentement que le reste, comme une note de musique qui vibre encore dans l'air pendant quelques secondes. La dernière touche apportée au tableau qui n'en finis pas. Un avertissement qui veut se graver au fer rouge dans son esprit.

Le danger. L’odeur de la peur. Du sang.
Tout cela vit en lui.
Pulse au rythme de ses battements cardiaques.
Respire avec lui pour assurer à son corps en carton pâte une survie temporaire.

Et elle trouve de la pureté en lui… La jeune héritière méconnaît ce dont elle parle.

Il s’avère cependant qu’il n’éprouve pas l’envie de la détromper davantage.

Il se détourne alors pour écouter ses mots qui sonnent comme un appel au secours. Pour ne pas être tenté à nouveau. Pour saisir pleinement ce dont elle souhaite lui parler, à lui, son confident d’un soir. Il s’adapte, il jauge, il évalue. Rel se tait surtout, et se pers dans la contemplation de la lune qui trône en maîtresse absolue dans ce ciel si sombre. Puis lorsqu’elle a terminé, que son ultime question est posée… La réponse coule de source.

« - Un rôle ? Bien sur ! Je sauve les demoiselles en détresses et je leur montre le bon chemin vers leur demeure. Ne faites pas cette tête là, je vous devine : c’est un éternel recommencement. Mon illustre personne à l’impression de constamment ramener vers la lumière les égarés, et il y en a beaucoup. Vous savez… Vous avez un rôle de figuration et d’action bien particulier, mais chaque personne à son niveau porte sa croix. »

Il se retourne alors, lui qui n’était qu’à demi tourné vers la rue endormie.
Elle le fixe dans les yeux.
Elle est près de lui, terriblement près.
Sa main est de nouveau dans la sienne.

Depuis quand ? Il l’ignore.

« - D’ailleurs, je ne croit pas au Destin. Votre vie prendra la saveur que vous saurez lui donner. De vos choix découleront des conséquences que vous assumerez. Des hommes mourront parce que vous le leur ordonnerez. »

Ils n’étaient pas du même monde.

« - Votre baiser n’était ni une promesse ni un engagement définitif, je n’attends rien de vous. Je vous trouve d’ailleurs bien grave à ce sujet, Peaca. »

Un sourire.
Un sourire comme il sait si bien les faire.
L’enfant du feu ne se rends pas compte qu’il se moque de ce qu’elle estime.

« - Je vous proposerais bien de marcher un peu. Vous n’étiez pas effarouchée à l’idée de traverses la ville, seule, tout à l’heure. Mais parler de sujets qui vous tiennent à cœur ici même ne serait pas la meilleure des tactiques… Ne croyez vous pas ? »

Et encore ce détestable ton ironique, cette attitude mêlant franchise et provocation. Il fait un pas, un autre, encore un autre, puis se place devant elle alors qu’elle voulait se détacher de lui.
D’une main chaleureuse il prends son menton entre ses doigts, puis dépose un baiser sur son front.

Le monde à l’envers.

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Mar 30 Sep - 21:19

Serait-ce une esquive d’adolescent pour tenter de me ramener chez vous ? Cher ami ?

Diantre ! Quelqu’un à sa juste mesure. Et ce fut Peaca, qui mesura toute l’étendue de son propre sarcasme. Il fallait croire que les hommes étaient toujours aussi inconscients de leurs paroles. Peut être parfois de leurs actes, mais là, ce n’était pas le cas de Rel. Il était fin, gracieux, habile, beau à tout égard … Mais sa joute verbale continuelle, cet aspect provocateur permanent et aussi distant. L’aurait-elle blessé en son fort intérieur ? Etait-ce vraiment elle, qui voyait de la gravité dans ses propos ? Ou lui qui espérait tout simplement qu’il y en ait ? Un large sourire sur les lèvres, ses instincts de seigneur revinrent au galop.

Au nom de la loi tiers de Mortalis, je vous ordonne de me raccompagner.

Petit à petit, marchant de plus en plus lentement, Peaca s’interrompit. Des mots de la conversation raisonnèrent dans sa tête, la prenant d’une légère friction. C’est sans aucune force qu’elle tente de faire un nouveau pas devant le dernier, mais la chaleur de sa main, son ironie, son ton blessant …Ces mots qui tournent plus que les autres derrière la vitre de son regard tout à coup robotique.

« Mais lorsque je rencontre le bien, toujours par le plus grand des hasards, j’éprouve le désir égoïste de le retenir à moi, à jamais. »

« - D’ailleurs, je ne croit pas au Destin. Votre vie prendra la saveur que vous saurez lui donner. De vos choix découleront des conséquences que vous assumerez. Des hommes mourront parce que vous le leur ordonnerez. »

« Il vaut mieux pour vous prendre des distances tant qu’il en est encore temps … »

« - Votre baiser n’était ni une promesse ni un engagement définitif, je n’attends rien de vous. Je vous trouve d’ailleurs bien grave à ce sujet, Peaca. »


Il n’y aurait donc aucune conséquence immédiate ? Elle n’aurait pas à en pâtir une seule seconde ? Il lui suffisait donc d’assumer ses actes, et lui les siens. Et en ce sens, la vie serait-elle plus simple, donc ? Une pulsion naissante envahit peu à peu l’esprit de l’héritière. Ca oui ! Ils n’étaient pas du même monde, ils ne partageaient pas le même but, ni même un semblant de point commun et pourtant …


Trop tard, dans ce cas.

Il l’avait à demie brisée, du moins il avait essayé. Il lui faudrait en assumer les conséquences, il lui faudrait subir tout autre chose …En juste retour. Alors que Peaca le saisit pour le plaquer avec force sur un des murs de la rue, la jeune femme enlace son cou et dépose un baiser passionné sur les lèvres du flamboyant bellâtre. Il n’y a que par ce langage, qu’il s’avère sincère. Se pressant tout entière contre lui, elle ramène cette main, dans laquelle elle avait mis la sienne, pour la poser sur le bas de son dos, l’encourageant à la soutenir. Avait-elle déjà ressenti cela ? Une chaleur immense la parcourait alors, un courant semblait circuler, mais dans quel sens et était-il réciproquement incontrôlé ? Peaca Leva alors une jambe le long de celles de Rel, l’emprisonnant totalement devant elle.

Et qu’importe qui aurait pu passer au coin de la rue, les surprenant, qu’importe qui se serait permis de venir troubler cette initiative soudaine, il n’y avait que Rel, qui désormais avait le pouvoir de tout arrêter. Mais le voulait-il ? Elle ne le voulait point. Pas lui, mais que tout s’arrête, bien sur. Réitérant encore et encore de longs baisers, Peaca ne pensa plus à sa robe, à son blason, à ses cheveux ou même à son regard, elle ne pensait plus à sa noblesse et à son rang à lui. Il n’y avait plus d’histoire d’ironie, d’inconnu ou de danger dans sa tête, tout ce que la jeune femme désirait désormais, c’était qu’il partage avec elle. Qu’il se libère enfin, qu’il laisse libre cours à sa volonté, qu’il soit un homme, un vrai …

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MessageSujet: Re: L'homme en noir   Lun 6 Oct - 23:19

Une amorce de sourire.
Un regard en biais.

« - Tout dépends de vous, mademoiselle. »

L’idée lui avait plu. Et qu’il le veuille ou non cela se voyait dans ses yeux. Dans ses gestes. Dans le faible rictus que tentaient encore de dessiner ses lèvres pleines. Quant à savoir si la demoiselle le regardait à cette seconde précise, c’était une toute autre question qu’il était bien loin de se poser.

Ils continuèrent de marcher tout regardant droit devant eux comme si rien d’autre n’importait. Ces deux âmes que tout oppose réfléchissaient, faisaient semblant. Ils étaient sur le point de lever le voile. Qui sait ? D’enlever ce masque qu’ils avaient pris soin de garder, chacun, pour se dissimuler à la perspicacité de l’autre.

Mais il sent qu’elle ralentis… Et il la voit se perdre dans des pensées bien peu agréables.

Dérangeantes ?



La cage était sur le point de s’entrouvrir, et de laisser ces frêles oiseaux s’envoler vers d’autres cieux. Ses yeux à lui ne regardent nulle part, et partout à la fois. Il fait un pas et se place devant elle, se contentant d’observer, comme souvent.

Elle ne s’en rendra compte que quelques secondes plus tard.

Elle ne le devine pas.
Pas encore.
Ou bien ?
Jamais plus.

Aucune conséquence immédiate non, c’est ce qu’il lui aurait répondu si elle lui avait montré le cheminement de sa pensée. Le monde de la nuit à ses us et coutumes, et une personne extérieure aura besoin d’un temps avant de les comprendre. Si un jour elle y parviens. Ces rencontres furtives dues au hasard influent parfois sur le cours de la vie des uns et des autres, parfois c’est le contraire qui se produit. Bien plus souvent qu’on ne le pense.

Et alors qu’il pense que lui n’aura absolument pas à en pâtir… Le temps semble s’arrêter sur Peaca. Sur son visage. Sa bouche. Ses yeux. On peut lire en elle comme en un livre ouvert en cet instant. Peur ? Questionnement ? Envie ? Résignation ? Espoir ? Fougue ? Tout y passe, et ces sentiments si différents les uns des autres ne laissent pas indifférents le jeune errant.

Et alors qu’il voit, qu’il sait ce qu’elle va faire, qu’il voulait se détourner pour la protéger d’elle-même… C’est tout autre chose qui se produit. Les mots ne sont plus nécessaires, ils ne l’ont jamais vraiment été avec lui. Avec elle aussi ? Si, bien sur. La vie est un jeu, et les paroles des armes bien plus intéressantes qu’elles n’y paraissent.

Mais il y a un temps pour tout, comme dirait l’autre.
Et Rel est bien d’accord avec le célèbre adage.

Il brûle et se consume.
L’entraînant dans sa chute.


Il n’est plus question de conneries telles que « rang social », « différences », ou « seigneuries ». Il y a deux infants de cette Terre meurtrie, qui, le temps d’un clignement de paupière, se retrouvent enlacés pour le meilleur et pour le pire. Du moins c’est ce qu’elle croit. Et lui ? Il se contente de suivre son instinct.

Et c’est cet instinct qui dicte ses mouvements.
Ce langage si particulier.
Cette danse qu’il joue sans être sur d’en sortir indemne.
Sans même le vouloir ?

La main de l’homme dans le bas de son dos inonde de chaleur la peau de la jeune femme, à travers le tissus bien trop fin de sa robe. L’élément présent dans son corps et son esprit se déchaîne, et c’est son corps à lui, qui, sans s’en rendre compte, réchauffe celui de Peaca et ne la quitte pas.

La rue était déserte.
Elle le reste.
Leur survie en dépend.
Mais qui s’en soucie, ce soir ?

Elle croit l’emprisonner, mais c’est bien le contraire qui se produit. La main de l'étrange Rel dans ses cheveux est la plus douce des caresses : mélange d’une volonté de fer, d'un contrôle de soit féroce et d’une douceur quasi féminine.

Le temps joue contre eux.

Et ses baisers, à lui, deviennent plus forts, plus passionnés.
L’endroit et cette absurde situation décuple leur attraction.
Leur passion.
L’abstraction qu’ils font de leur personne en temps que telle.

Mais soudain quelque chose cède derrière eux, et Rel a à peine le temps de la retenir pour qu’elle ne s’effondre pas à terre. Il titube presque, mais ne laisse pas choir ce corps emporté par la violence du choc. Quel qu’en soit le prix. Ô surprise ! Ils se stabilisent alors, et leurs repèrent leurs reviennent. Peut-être plus vite pour le jeune informateur, qui, tel un chat, retombe toujours sur ses pattes. La porte contre laquelle ils s’appuyaient n’a pas résistée. Et tout comme eux, ses défenses se sont effondrées pour se laisser aller vers son avenir. Brutal.

Le visage de Rel est contre le sien, leurs deux souffles se mêlent. Leurs doigts également. Il s’avance et la dirige à l’intérieur. C’est vide. Totalement. Aucune présence humaine n’y a séjournée depuis des lustres, et ils soulèvent de la poussière en marchant de leurs pas désordonnés.

Il la regarde, soulève d’un mouvement volontairement ralentis une mèche de cheveux qui s’échappe de sa chevelure. Il avance à nouveau ses lèvres contre les siennes. Et garde les yeux ouverts pour contempler à loisir son visage assombris et fébrile. La pénombre est telle qu’il ne voit plus rien. Ses paupières à nouveau closes, il laisse courir sa main sur les parcelles de peau nues qui se présentent à lui.

Sur ses joues. L’arrête de son nez. Ses cheveux. Son cou. Son dos.

Il ne lui laisse pas le choix. Son pardessus ouvert les recouvre tous deux et l’air se réchauffe bien plus vite qu’il ne l’aurait du. Lui parcours son corps avec une intensité terrible, délectable, délicieuse. Sans hésitation. La rassurant sans le vouloir, alors qu’il n’obéit plus à rien de concret. Connaissant le corps des femmes dans leur intensité, leur saisissante beauté, leur fragilité.

Le manteau tombe.
Les barrières qui restaient également.

Et sa robe se défait alors qu’il a dénoué légèrement le nœud qui retenait son corsage.

Le voulait-elle ?

Il ignore son passé, et son avenir. Il ne sait ce qu’elle a déjà vécu auprès des hommes. Il ne peut que deviner ce qu’elle est de par ses gestes, sa respiration, en écoutant les battements de son coeur. Cette estimation sans cesse faussée par l’instant, toujours changeant.

Il l’embrasse alors, une ultime fois.
Ou pas ?
Il dirige sa main vers sa joue.
Hésite.
Puis se dérobe.

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